Ham-en-Artois marche contre le méthaniseur

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Déclarée, encadrée et empreinte de solidarité la marche contre le projet d’implantation d’une unité de méthanisation sur le territoire de la commune de Lillers mais à la limite du territoire d’Ham-en-Artois, s’est déroulée sans incident mais pas sans détermination.

Il y a d’ailleurs tout lieu de penser qu’à partir du 23 avril, date de l’ouverture de la procédure de consultation publique, de nombreuses personnes iront en mairie de Lillers, pour faire part de leurs observations. La mobilisation contre l’implantation de cette unité de méthanisation remonte au mois de novembre 2018 mais elle prend un tournant plus percutant faute de concertation avec les porteurs du projet, et cela en dépit d’une rencontre organisée à l’initiative du sous-préfet de Béthune. Les membres de l’association ne sont pas contre la construction d’une unité de méthanisation. Simplement, ils n’en veulent pas à cet endroit, parce que trop proche des habitations. Chacun comprend bien ce qui anime les promoteurs, MM. Pruvost et Lacroix, de la société Agri Métha Lys, qui entendent profiter de l’infrastructure routière et de la présence toute proche du réseau de gaz domestique pour rentabiliser au mieux leur investissement : quelque 8 millions d’euros avec un subventionnement à hauteur de 40% par la Région, l’État et l’Europe. D’où l’opposition farouche des intéressés à l’idée de s’installer en un autre endroit, d’autant qu’ils sont propriétaires du terrain sur lequel ils envisagent de s’implanter.
Les membres du collectif dénoncent par ailleurs une forme de malhonnêteté des promoteurs qui, selon eux, n’ont pas présenté un projet conforme à la réalité pour obtenir un accord de principe du maire de Lillers. Ce matin (samedi 6 avril 2019), Arnaud Dussart, président de Ham’semble contre le méthaniseur, déclarait : « ils ont présenté aux maires de Lillers et Ham-en-Artois, une brochure vantant les mérites d’une telle installation avec un tonnage journalier de 60 tonnes par jour. En réalité, leur projet définitif (consultable sur le site de la préfecture) est de 99 tonnes par jour, juste sous la barre des 100 tonnes qui aurait nécessité une procédure d’enquête publique beaucoup plus lourde et plus incertaine qu’une consultation publique ». Pour les responsables du collectif, cela s’apparente « à des manœuvres frauduleuses ». Et d’ajouter : « Nulle doute que la rentabilité financière est recherchée au mépris de la population ».
La marche de ce matin organisée au départ d’Ham-en-Artois a conduit les 200 participants jusqu’à l’entrée du site où l’implantation est prévue et où des sondages archéologiques ont été effectués durant la semaine écoulée… L’occasion de constater que, certes l’infrastructure routière est bien là (la route départementale 188), mais pas sûr qu’elle soit bien adaptée à la desserte routière qu’elle va engendrer.- Philippe VINCENT-CHAISSAC / Votre Info

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