Un comédien de l’atelier d’expression de Lillers en très mauvaise posture

Le lendemain de la dernière de Moulin rouge, la comédie musicale de l’atelier municipal d’expression, Alexandre Arbolabide, alias Toulouse-Lautrec sur scène, samedi 23 septembre. Le lendemain, le jeune part s’installer à Brême en Allemagne pour ses études. Il embarque à bord du car FlixBus de 12h, au départ de Lille Europe. Cette histoire a fait la Une de l’hebdomadaire l’Avenir de l’Artois le 28 septembre, et a été reprise par La Voix du Nord quelques jours plus tard.  Le récit qui suit est celui d’Alexandre. 62190.fr le publie en intégralité.
« Flixbus ou un voyage dangereux vers l’incompétence. Laissez-moi vous décrire mon expérience chez Flixbus afin qu’au grand jamais vous n’ayez à subir ce que nous avons subi mon amie et moi. C’est l’esprit encore hagard d’avoir perdu ce qu’il y a de plus précieux et de plus utile dans ma vie, que je revis, par les mots, ce cauchemar avec vous. Je vous remercie par avance de ces quelques minutes en votre compagnie et j’aimerais sincèrement que vous m’aidiez à partager mon expérience avec le reste du monde, car nous ne sommes jamais à l’abri.
En quelques heures, j’ai perdu mon outil de travail un Mac Book pro de chez Apple, qui contenait un roman que j’écrivais depuis plus d’un an et une pièce de théâtre que j’écrivais depuis deux ans, une dizaine de poèmes, les dossiers des différentes recherches que mes études m’avaient amené à conduire, mes photos et vidéos de mes nombreux voyages et rencontres, il y avait aussi des livres précieux édités seulement dans certains pays, tout l’argent qu’il me restait pour commencer une vie d’étudiant en Allemagne, mon passeport, ma pièce d’identité, mon permis de conduire, ma carte vitale, mes originaux de diplômes, une alliance d’un amour passé, un album photo offert par mes amis, deux mois d’un traitement médicamenteux journalier, mon écharpe préférée, divers appareils électroniques… Le tout pour une valeur avoisinant les 5500€, mais surtout le poids d’une vie d’un homme.

Je suis Alexandre Arbolabide, un jeune etudiant de 25 ans, globetrotteur confirmé, comédien amateur et amoureux des langues. Je viens d’une famille modeste et tout ce que je possédais, avait été acheté grâce à mes jobs étudiants durement effectués, mes bourses au mérite ou encore à l’aide de mon crédit étudiant que je commencerai à rembourser après mes études. Je suis originaire de Marles-Les-Mines une petite ville minière dans les hauts de France. Je voyageais ce dimanche 24 septembre accompagné de mon amie Debbie Schäfer, qui s’est vu volée son ordinateur également. C’est une amie allemande originaire de Brême, une fille lumineuse et généreuse avec qui j’avais vécu un an au Japon. Tous deux humanistes, optimistes, on nous dit amusant, mais malheureusement nous avons en l’espace d’une journée perdu notre rire et une bonne partie de notre foi en l’homme. Notre voyage consistait en un départ à partir de la gare de Lille Europe, pour ensuite prendre un bus qui nous amènerait à Amsterdam à 17 heures, pour finalement à l’aide d’un autre car, rejoindre Brême. Ça, c’était le plan, mais voici ce qu’il s’est réellement passé.

Dans cet article de journal de l’Avenir de l’Artois, détaillant bien les conditions de cet impensable incident, les grandes lignes ont été données, et je tiens d’ailleurs à remercier le journaliste investi et réactif qui a si bien su poser sur le papier l’angoisse de ce périple. Je vais ici et maintenant étayer et vous faire part de l’incompétence et la dangerosité d’une telle compagnie, de Flixbus.

Pourquoi dangereuse et incompétente ? Vous demanderez-vous. Une pause de 40 Minutes à Gand annoncée clairement par le chauffeur. On a immédiatement regarder nos téléphones pour pouvoir revenir à temps. Nous avons tous deux l’habitude de voyager (Asie, Europe, Océanie…), ce n’était pas notre premier bus, mais ce fut bel et bien le pire. Après 32 minutes (38 selon Flixbus), nous sommes revenus, et, stupeur, le bus n’était plus là emmenant avec lui toute ma vie. Pourquoi était-il parti ? Ce n’était pourtant pas l’heure ? Peut-il nous laisser là ? Que vont-ils faire ? »
Nous avions demandé à un jeune couple de français de garder nos affaires puisque mon sac pesait lourd et que nous étions à l’étage du bus, ils avaient accepté d’un sourire. Nous nous sommes donc trouvés là, perdus sur un petit parking Belge, Debbie et moi ainsi que deux hommes qui devaient eux prendre ce bus depuis Gand. Moi un simple téléphone à la main, j’ai immédiatement appelé Flixbus.
« Les chauffeurs n’ont pas de portable, remplissez le formulaire de perte, on vous cherche un autre bus », voilà les grandes lignes de ce qui m’était dit en premier lieu dans un français et un anglais approximatifs. Je leur ai fait part de ce qui se trouvait dans le bus, que je devais prendre mon traitement et que ma santé pouvait être altérée, que je n’avais pas d’argent sur moi, pas de papier et que je n’étais pas dans mon pays d’origine, puis réfléchissant, je me suis demandé, pourquoi un formulaire de perte alors que je sais où sont mes affaires et bagages ? Ils sont là dans ce bus, votre bus, de votre compagnie. J’ai demandé à un autre chauffeur Flixbus qui se trouvait là, si il avait un portable et un numéro et il m’a bien évidement répondu que oui.

Aucune compassion, humanité, aucun service, juste une compagnie dématérialisée pour des clients qui payent un droit de s’asseoir dans un bus qui est certes peu cher, mais qui peut vous coûter la vie. Flixbus est la quintessence d’une entreprise logo, basée on ne sait où, et où l’argent prédomine et devance celui qui leur offre. « Débrouillez vous pour rejoindre Amsterdam pour récupérer vous mêmes vos affaires. » Nous ont-ils dit peu après, et une mauvaise nouvelle pouvant en cacher une autre, on nous apprend cette autre information qui tombe comme un couperet : il n’y avait pas d’autres bus. Pourquoi nous avoir dit d’attendre ? Que faire après avoir perdu tout ce temps ? Taxi : 550€, pas possible pour nous. Seule solution, covoiturage mais nous arriverions deux heures après notre bus. J’ai tout fait, usé de toute mon énergie, appelé toutes les compagnies Flixbus du Nord de l’Europe, j’ai appelé la police d’Amsterdam pour qu’ils puissent m’aider, mais ce sont eux aussi étonné de la dureté et la cruauté de cette compagnie qui, en plus de leur mentir en transformant nos dires, ne leur a apporté aucune information. Debbie a posté sur Facebook des messages d’aide de groupes basés dans la capitale Hollandaise, nous avons tenté de contacter des amis qui auraient pu nous aider. Courir partout, rattraper le temps en dépit de ce bus, et Debbie, qui par miracle avait sa carte bleu, a payé pour plus de 450€ de taxi sur la journée de dimanche à lundi. Qu’ont-ils fait, eux qui savaient tout pendant toutes ces heures ? Rien.

Je ne sais même plus combien de fois j’ai appelé la compagnie gardant mon calme alors qu’ils étaient en train d’être les meurtrier de mon identité, de mes souvenirs et de ma santé. Une dame de chez Flixbus Germany a même eut le culot de me mettre en attente alors que je lui expliqué l’urgence. « Nous sommes sur la route d’Amsterdam, mes bagages y sont ? Où est le problème ? Dites moi où ils sont ? Prenez en soin ma vie entière est à l’intérieur. Trouvez une solution, vous savez depuis plus de 6 heures », ai-je répété et répété désespérément.

Deuxième coup de couteau dans la rationalité et l’humanité de cette compagnie. Le service client était incapable de me donner ou même de me dire où se trouvait le dépôt des objets trouvés, si jamais il en existe un réellement. Mis à part, me scander qu’elle ne savait pas, que personne ne savait, qu’il n’existait pas de numéro, qu’elle n’avait pas de supérieur, qu’elle ne pouvait que me dire de remplir le formulaire, j’ai raccroché.
Uppercut, KO, un gong douloureux. J’ai alors fermé les yeux me disant qu’ils étaient soit des criminels, soit d’une incompétence dépassant l’entendement. Après d’autres appels au secours ou encore une fois je leur disais l’importance de ce sac, jai eu le droit à un : « Je ne sais pas allez à l’hôpital. » Et lorsque je leur répondez : »Sans papier, sans argent, sans carte vitale ou d’assurance ? », on me disait : »Je ne sais pas Monsieur, je vous ai dit tout ce que je savais. » Je n’ai pas abandonné et pendant que Debbie, qui trop tard hélas avait finalement trouvé une amie, d’une amie, d’une amie qui aurait pu prendre nos sacs, j’ai contacté Flixbus Germany, et là une dame m’a informé que le bus dans lequel nous aurions dû voyager, repartirait le lendemain à 10:30, mais aussi incroyable que cela puisse paraître lorsque je lui ai demandé où ? Elle me répondit : « Quelque part. » Que faire avec une telle information, aussi désespéré que je l’étais, ils n’avaient aucune honte à enfoncer le clou. Me voilà à 20 heures, hagard, traînant des pieds à Amsterdam, sans papiers, sans traitement, sans argent, 20% de batterie. Et eux, sans aucun scrupule ne s’inquiétaient de rien. Et si la police m’avait arrêté ? Et si nous avions eu un accident ? Debbie était là, dieu merci.

Le lendemain, après une nuit courte et agitée, nous avons par nos propres moyens réussi en taxi à atteindre le dépôt de bus où nos bagages étaient entreposés là, dans une pièce sans sécurité mais malheureusement mon sac avait disparu, les employés là-bas n’appartenant pas à Flixbus, ne savaient rien, rien du tout. Lors du dernier coup de fil passé à mes bourreaux, un jeune homme a reconnu que les conseillers avaient été incompétents.
Je me suis donc vu obligé de retourner en France alors que les études commenceront la semaine prochaine en Allemagne. J’ai raté un rendez-vous d’embauche pour un travail, l’appartement où je devais habiter sera loué à une autre personne puisque je n’étais pas là. J’ai aujourd’hui tout perdu. Je dois courir partout, user de mon temps et emprunter de l’argent pour obtenir les papiers avant de repartir vers l’Allemagne. Je ne suis même pas sûr de pouvoir faire les demandes administratives là-bas n’ayant plus aucuns papiers et diplômes. Alors voilà ce que j’aimerais dire pour conclure :

– Au couple français à qui j’ai confié mes affaires, où étiez-vous ? Qu’avez vous fait ? Je vais porter cette affaire au civil et j’espère ainsi obtenir vos coordonnées, vous aurez l’occasion de me répondre.
– Flixbus, comment avez vous pu être si incompétent ? Comment avez vous pu laisser deux de vos clients dans une telle merde ? Comment avez-vous pu me traiter de la sorte, ignorant les dires et informations que je vous avais donnés ? Le bus faisait un arrêt à Anvers, vous auriez pu faire quelque chose. Qui va payer tous nos frais ? Qui va nous rendre nos outils de travail, d’amusement et nos souvenirs? Qui va me trouver un nouvel emploi etudiant, un nouvel appartement ? Qui va guérir la douleur de mettre fait voler mes histoires, mes personnages et le traumatisme d’être souillé ? Vous ? Laissez-moi en douter ? Où êtes-vous aujourd’hui ? Pourquoi ne m’avez vous pas contacté ?

J’ai voulu ici exprimer mon désarroi, mon amertume et ma colère. Je hais les conflits et si je pouvais faire autrement je l’aurais fait. Cependant, je ne lâcherai rien. Je sais ce qu’on m’a prit, je sais ce que nous avons enduré, je sais le combat et je sais l’incompétence de votre compagnie. Je n’abandonnerai pas. »

Arbolabide alexandre.
Réservation #8048238931

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