Lillers: Ludivine Merel, 21 ans, et l’envie de repartir pour aider



Ludivine Merel a reçu la médaille de la vie associative.

En général, lors d’une cérémonie de vœux à la population, ce sont souvent des adultes qui sont mis à l’honneur, pour 20, 30, 40 années passées à faire le bien autour d’eux. Ce fut encore le cas dimanche 12 janvier 2020 au Palace. Ils étaient 5 à être honorés, 5 à témoigner d’un CV copieusement garni. À une exception près: Ludivine Merel, 21 ans, animatrice scolaire dans le hameau de Rieux à Lillers. Si le maire de la Ville a voulu la mettre à l’honneur, c’est pour l’engagement dont elle a fait preuve il y a un peu plus d’un an, en novembre 2018: « À l’heure où certains ont cette volonté de stigmatiser la jeunesse, à l’exemple de Ludivine, on découvre que cette jeunesse est capable de belles et grandes choses, dans l’intérêt des autres. »

En novembre 2018, la jeune fille originaire d’Abbeville, arrivée à Lillers il y a environ 8 ans, part pour une mission humanitaire au Sénégal: « Après mon CAP d’assistante technique en milieu familial et collectif, je voulais partir en Bac, mais je n’ai pas été acceptée. Je me suis rapprochée de la mission locale de Béthune et j’ai intégré le dispositif garantie jeune. Tu es formé et on te finance des choses comme le permis. Tu fais des stages professionnels… me concernant, j’ai principalement fait de la vente. » C’est à la mission locale que Ludivine entend parler de ce voyage un peu particulier au Sénégal: « J’ai toujours eu envie d’aider les autres, et j’avais envie de prendre l’air. »

C’est en se rendant dans ce type de lieux qu’on s’aperçoit de la chance, du confort qu’on a »

Durant trois mois, elle et ses compagnons travaillent au projet qui sera réalisé sur place. « L’idée était de construire cinq habitations près de la ville de Mbour au Sénégal. Nous avons réussi à en faire une complètement, avec de jeunes Sénégalais en apprentissage. » La jeune fille se transforme en « manœuvre », et même un peu plus que cela: elle porte des parpaings, prépare le ciment, fait les joints… « Cette maison était pour 5 personnes qui ont un handicap visuel et étaient à la rue. » Par ailleurs, elle fait de l’animation auprès des jeunes, et s’implique dans une exposition sur les tirailleurs sénégalais. Une belle démarche pour elle et son groupe qui découvrent un tout autre univers, des conditions de vie à l’opposé des leurs: « C’est en se rendant dans ce type de lieux qu’on s’aperçoit de la chance, du confort qu’on a. Je n’ai pas été surprise, on avait été préparé à cela. » Et maintenant? Sous contrat avec la Ville de Lillers pour une année renouvelable, elle espère pouvoir repartir: « Au Sénégal ou ailleurs. Mais toujours pour aider. Et j’aimerais devenir éducatrice spécialisée, mais je ne sais pas vraiment par quel biais… » Aider encore. A.Top, Votre Info

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