Lillers- billet d’humeur: on en est donc là après une semaine (seulement) de confinement




On en est donc arrivé là, après une semaine, une semaine seulement de confinement. Alors qu’on crie à la solidarité, à l’union, dans une situation sanitaire inédite, nous en sommes donc arrivés à un point de division terriblement inquiétant.

Après une semaine, une semaine seulement de confinement, on a dans un camp, les défenseurs du marché en plein air. Marché qui de prime abord ne posait aucun problème au regard des instructions gouvernementales. On ne ferme pas les supermarchés, pourquoi empêcher les commerçants alimentaires de s’installer après tout? Dans l’autre camp, on a ceux qui hurlent et vocifèrent que maintenir un marché « c’est n’importe quoi », « c’est irresponsable ». Mais alors pourquoi se rendre au supermarché dans ce cas, si le marché à ciel ouvert est si dangereux? Pourquoi acheter ses clopes (et même au passage un petit jeu à gratter)? Nous avons parmi nous (petit chat) des tas de savants, d’agrégés en virologie ou en anthropologie, qui savent mieux que les autres ce qui est bon ou pas. Il faudrait se calmer. Tous autant que nous sommes, nous ne savons pas grand chose. Nos dirigeants y compris. On subit tous.

Après une semaine, une semaine seulement de confinement, on a dans un camp les partisans du confinement, ceux qui disent, ou pensent le respecter à la lettre (c’est bien) et ceux qui s’y opposent, qui bravent l’interdit, qui jouent avec les règles d’un jeu qui devient dangereux à plus d’un titre. Bien ou pas, le confinement est au cœur d’un débat qui nous dépasse tous un peu. Les politiques ne sont pas d’accord en Europe et dans le monde, les scientifiques non plus (À ce sujet, le Marseillais Didier Raoult, que beaucoup adulent depuis quelques jours, vient de quitter le conseil scientifique Covid-19, ça promet). Nous, on est en droit d’avoir un avis et de l’exprimer. Nous avons le nôtre et on le garde pour notre cercle amico-familial. On a le droit de ne pas être d’accord… Mais par respect pour ceux qui sont sur le front, on pense au personnel soignant, mais aussi aux commerçants toujours ouverts, aux ouvriers du bâtiment, aux services de secours, aux ripeurs, aux fonctionnaires de police, aux journalistes, aux livreurs, aux élus et on en oublie… il serait bon de respecter ce qui s’appelle la loi. Contents ou pas, que ça soit utile ou pas tant que ça, c’est la règle, et elle est la même pour tout le monde, même quand la logique fait parfois défaut. Vous pouvez être pour la légalisation du cannabis, pour l’interdiction de la cigarette, pour l’ouverture des maisons closes, vous pensez bien ce que vous voulez. Vous voulez changer les choses? Allez voter déjà, manifestez, ou devenez député… Force est de constater qu’en France, et visiblement en Italie et en Espagne aussi, nous n’étions pas prêts, pas préparés, pas équipés… Et malheureusement il faut faire avec cet état de fait. Angoissant à plus d’un titre, efficace ou non pour endiguer la pandémie, s’il est une vérité, c’est que se confiner, c’est éviter la contamination, la sienne, et celle des autres.

Après une semaine, une semaine seulement de confinement, on en est donc arrivé là. Insulter, menacer de dénonciation le joggeur qui fait son footing loin de tout et de tout le monde, insulter le président de la République, insulter les ministres et les secrétaires d’état, fustiger le maire qui ne fait pas ci ou qui ne fait pas ça, blâmer celui qui joue un morceau de trompette à 20h dans la rue pour soutenir le personnel soignant, pourrir les personnes âgées qui s’en tapent le coquillard du confinement, moquer les collectionneurs de PQ et de paquets de pâtes, montrer du doigt les fumeurs, les nouveaux sportifs du dimanche, les parents qui n’en peuvent plus de garder les enfants dans leur 20 m² insalubre. On le fait tous. Tous. On a la critique facile, le verbe assassin. Tous. « Nous sommes en guerre ». Qu’est-ce que le vocabulaire était mal choisi M. le Président! En guerre? Oh ciel! On n’ose pas imaginer le comportement des gens en temps de guerre… La fenêtre battante en guise de mirador, Facebook en guise de lettre de dénonciation, toi, moi, nous tous en juges autoritaires. Qu’est-ce qu’on est en train de faire après une semaine, une semaine seulement de confinement? Se déchirer. Après deux, trois… six semaines à être enfermés, ça non plus on ne sait pas, on craint la folie. Y compris la nôtre. A.Top, Votre Info

 

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