Le portrait du dimanche: Xavier Kolakowski, adjoint au maire à seulement 24 ans… tout naturellement

Dimanche 30 mars, salle Sainte-Cécile. Un jeune homme craque et laisse échapper quelques larmes. Trop de pression sans doute pour celui qui vit sa première aventure politique. Pascal Barois vient d’être réélu à la tête de la commune et avec lui, Xavier Kolakowski, 7e de la liste « Lillers en positif ». Une semaine plus tard en conseil municipal, il est à seulement 24 ans propulsé adjoint au maire, chargé de la jeunesse et de la citoyenneté.
Xavier Kolakowski n’est pas un pur produit de Lillers. Originaire de Marles-les-Mines, il débarque dans la cité de la chaussure à l’âge de 14 ans, parce que sa mère décide de s’y installer tout simplement. Côté scolarité, il fait donc ses classes dans la cité minière, à l’école Gambetta d’abord, le collège Émile-Zola ensuite, avant de rejoindre le lycée Lavoisier d’Auchel où il obtient un bac économique et social. Puis direction le Centre de formation de la profession bancaire à Villeneuve-d’Ascq. En alternance, il travaille au crédit du Nord, pendant deux ans, établissement qui le conserve passés les 24 mois requis, avant qu’il ne prenne la direction du Crédit agricole à La Madeleine. Pas le genre à perdre son temps le type. Supporter inconditionnel du Racing club de Lens, fan des terrils de sa région, ils se tourne rapidement vers la politique locale, sans se forcer.

 Éveil d’une conscience politique
Devenir adjoint d’une commune comme Lillers à seulement 24 ans n’est pas anodin. Pas étonnant donc d’apprendre que sa conscience politique s’éveille… À 12 ans seulement! Jean-Marie Le Pen est au second tour de l’élection présidentielle: « Il y avait un peu urgence! » glisse-t-il. Ses idées s’affinent lorsqu’il est en classe de seconde, les mouvements contre le contrat de première embauche prennent de l’ampleur: « Le CPE c’était pour moi une totale aberration, et dans ce combat, j’ai trouvé le parti socialiste beaucoup trop mou. Le déclic est venu de là ». Le déclic: son ralliement au Parti communiste qui porte à ses yeux des valeurs qui lui correspondent bien. Son combat: « la finance qui gouverne » dit-il, un peu paradoxal en apparence pour quelqu’un qui bosse dans le milieu bancaire, mais pas pour lui: « Je réponds à des ordres, je ne suis pas un décideur. Je gagne ma vie voilà tout ». 2009, Xavier Kolakowski prend sa carte au PC, une connaissance le rapproche alors de la section de Lillers, et en octobre dernier, Lucien Andriès et Alain Lelong viennent le chercher pour les prochaines municipales. « J’ai dit oui tout de suite, raconte l’intéressé, c’était avec Pascal Barois et personne d’autre de toute façon, il était le seul candidat viable sur Lillers. On m’a proposé d’être sur la liste, la position c’était rien. Je suis parti pour un combat, pas pour un poste ».

Amoureux de Lillers
N°7 sur la liste avant le premier tour, on le voyait mal devenir simple conseiller. Mais Xavier le jure, ça n’était pas prévu: « C’est en réunion de groupe, après le second tour que ça s’est fait. Il a été décidé d’intégrer un jeune à l’équipe d’adjoints, si j’avais été 15e sur la liste, ça aurait été pareil ». Une vraie fierté pour lui, pour sa mère, sa grand-mère… Fierté d’œuvrer pour cette ville de Lillers qu’il aime tant: « Quand je suis arrivé ici, j’ai découvert un tas de commerces, un nombre incroyable d’assos, de clubs sportifs, c’est une vraie chance d’avoir cela. Et puis il y a des monuments classés aussi…Un vrai contraste avec ce que j’avais connu avant ». Le voilà donc propulsé adjoint à la jeunesse et à la citoyenneté. Excité et confiant, il sait que sait que ce sera ni simple, ni de tout repos. Son cheval de bataille, les centres de loisirs pour l’essentiel, et puis côté citoyenneté, son travail sera là encore pour majeure partie à destination des jeunes: « Je vais partir à la rencontre de ceux qui viennent d’avoir 18 ans, leur dire  »vous avez le droit de vote, utilisez-le! » Aux municipales, le taux d’abstention à Lillers a été inférieur à la moyenne nationale, ça serait bien de faire pareil aux européennes ». Adjoint à 24 ans, de quoi nourrir quelques ambitions en politique. Dans 6 ans, il aura donc trente ans, il y pense déjà et plaisante: « J’espère avoir un peu de barbe »! A. Top

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