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De Lespesses aux Etats-Unis, le fabuleux destin de Paulette Veste (2/3)

Publié le 02 septembre 2018 par Administrateur

14 août 2018, Paulette Gibbens, 90 ans, monte à bord d’un vol long courrier entre Atlanta et Paris. Elle est accompagnée de son fils, Edward, retraité de l’armée américaine. Mère et fils sont en voyage à Laon, en Picardie. Paulette Gibbens, née Veste, vient passer quelques jours chez son frère, Michel Veste. Les deux frères et sœurs ne se sont pas vus depuis 62 ans ! Fou.1954, Paulette Veste faisait le voyage inverse. Elle pensait alors ne jamais revenir dans l’Hexagone. Elle changera d’avis un peu plus de cinquante ans plus tard. L’histoire est belle, et nous avons la chance de pouvoir la raconter, en exclusivité.
Paulette Veste est née le 24 février 1928 à Lespesses. L’endroit, elle le connaît bien, même si elle n’y a pas vraiment vécu : « Mes grands-parents possédaient une ferme à Lespesses, raconte-t-elle. Ma mère s’y rendait pour mettre ses enfants au monde. Nous sommes immédiatement repartis à Ham (Picardie). Nous y revenions pour les vacances d’été, et passions notre temps entre Lespesses et Fauquenehem, là où mes grands-parents paternels vivaient. » Le père de Paulette, lui aussi originaire de Lespesses, est gendarme de profession, en Picardie, au sein d’une petite caserne de cinq unités. Paulette grandit dans les locaux de la gendarmerie. Puis ses parents décident de prendre la direction de Laon, ville plus propice aux études. Paulette et sa sœur aînée, Henriette, intègrent le club de gymnastique de Laon après l’invasion allemande. Paulette fait ses premiers pas de sportive à l’âge de douze ans.
Première compétition… record de France!
Trois ans plus tard, se tient une compétition omnisports durant laquelle un concours de poids est organisé : « J’ai lancé le poids pour la première fois ce jour là. Mon premier essai a été mesuré à 10 mètres. Les organisateurs se sont empressés de contacter la Fédération française pour prévenir qu’ils tenaient quelqu’un capable de participer aux championnats de France. Avant mon deuxième essai, j’ai regardé une fille qui lançait mieux que moi. J’ai alors à nouveau lancé le poids, j’ai battu le record national cadettes. Quand je suis partie aux États-Unis, ce record tenait toujours ! » Douée naturellement, gagner en s’amusant, c’est ce qui plaît à Paulette. Malheureusement, aucune section sportive ne peut l’encadrer. Alors ele s’entraîne seule. Son jeune frère, Michel, s’empresse d’aller ramasser les poids, et de les lui ramener. Elle brille en cadettes, en juniors, et débarque chez les seniors avec beaucoup d’enthousiasme. Elle rencontre alors celle qui va devenir sa grande rivale et amie, la célèbre Micheline Ostermeyer : « J’ai rejoint l’équipe nationale, raconte Paulette Veste. Cela m’a permis de voir du pays, comme on dit. »

Paulette Veste [4e en partant de la gauche] en voyage pour une compétition internationale avec léquipe de France.

Six titres de championne de France
La jeune femme sillonne l’Europe, en train et en avion, seule. Ses parents croient en elle, mais ne peuvent l’accompagner en compétition : « Bien sûr, j’étais ravie d’avoir de bonnes performances. Mais ça ne dure qu’un temps. On vieillit, on se marie, et tout cela ne reste plus qu’un lointain souvenir. » Pas du genre à se vanter de ses exploits passés. Pourtant, entre 1945 et 1953, Paulette Veste totalise pas moins de six titres de championne de France, trois au poids, trois au disque, partageant les distinctions nationales avec Micheline Ostermeyer. En juillet 1948, elle devient championne de France du lancer de disque, établissant un nouveau record national. Mais c’est Micheline qui brillera à Wembley. Paulette ne parvient pas à se hisser en finale. Au poids, elle prend une belle, mais cruelle, 4e place. « Mon seul regret, ne pas avoir conquis de médaille olympique. Il ne m’a vraiment pas manqué grand chose. » Quatre ans plus tard, à Helsinki, elle ne fera guère mieux : 9e au poids, 16e au disque. Elle rentre à Laon, rencontre Quenteen Syfrett sur la base de Laon-Couvron, qu’elle épouse en 1954. Deux ans plus tard, elle s’expatrie aux États-Unis, en Floride. Elle y reste définitivement. Sa sœur, Henriette, la rejoint 24 mois plus tard. A.Top

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