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Ex-Anatolard: « Vous finirez gendarme Danel »

Publié le 03 décembre 2017 par Administrateur

« Vous finirez gendarme Danel ». Une phrase qui restera gravée dans le marbre, prononcée par un professeur d’anglais à moustache pas vraiment visionnaire, au lycée Anatole-France à Lillers, au tout début des années 2000. Il n’a pas fini gendarme, même si, petit, comme beaucoup, il aurait bien fait ça, gendarme, pompier, ou policier. « Je rêvais de devenir joueur du RC Lens, mais je n’étais pas assez bon! ». Danel, Jérémy de son prénom, n’excelle pas dans la langue de Shakespeare à cette époque. Il n’excelle pas dans le foot non plus. Et il s’en fiche un peu. Aujourd’hui, si certains l’entendaient parler anglais, ils seraient capables de penser que c’est sa langue maternelle. Lui a parfois un peu de mal à trouver les traductions en français. Et le football pour le coup, il le vit pleinement en allant au stade. Il était en Bulgarie pour voir l’équipe de France aux éliminatoires de la coupe du monde, il était à l’Euro 2016 en France, et il sera à la coupe du monde en Russie. Le jour du tirage au sort, il réservait son hôtel…

Bac au rattrapage, étudiant moyen
Jérémy Danel, un gars sans histoire venu de Saint-Hilaire-Cottes. Fils d’un papa technicien à la DDE et d’une maman secrétaire médicale, aîné d’une fratrie de quatre enfants, il entre au lycée Anatole-France à Lillers sur la pointe des pieds, en provenance du lycée Bernard-Chochois à Norrent-Fontes. Pas d’étincelle au collège, pas de merveille non plus au lycée. Jérémy est plus préoccupé par les résultats du Racing et les matches de baby-foot au foyer à la récré, que par ses cours de baccalauréat série « économique et social ». Aujourd’hui, il est responsable de l’exportation des produits de Nuvasive, une boîte américaine qui fabrique et commercialise des implants de rachis. Tout un programme. Il est chargé des relations clients/distributeurs au Moyen-Orient, en Afrique et en Europe de l’Est. Installé dans la capitale néerlandaise, son parcours n’est pas commun, limite exceptionnel. Après le Bac, décroché au rattrapage avec un superbe 3 en Anglais, des 8 et des 9 quasi partout… et un 18 en maths, Jérémy part pour un DUT compta à Lens, puis intègre le MSTCF à Valenciennes, pour devenir expert-comptable. Pas un objectif de carrière, mais il franchit les étapes. Là non plus il n’est pas forcément brillant, mais il décroche le diplôme.

Londres puis Amsterdam
Le tournant, c’est un premier stage à Béthune, chez MC2 partenaires, rue de l’Horlogerie, puis un second… en Angleterre, chez Constantin, un gros cabinet qui détient MC2 partenaires. L’étudiant français qui ne parle pas un mot d’anglais se paye le culot de demander ce stage Outre-manche, Stage de 3 mois qui se passe à merveille: « Ils voulaient m’embaucher. Je suis retourné à la fac pour 6 mois, puis je suis revenu pour mon stage de fin d’étude. Mais j’ai été pris direct en CDI ». Il reste 22 mois, saisit les opportunités les unes après les autres pour devenir chef d’un département au sein du cabinet Deloitte, qui a racheté Constantin. Deloitte, c’est un des quatre plus grands cabinets d’expertise comptable au monde, rien que ça. Par la force des choses, il devient bilingue. Il devient un abonné du FC Fulham aussi. Puis il met le cap sur Amsterdam, pour signer chez Wright medical, une firme qui vend des prothèses de hanche et de genou. Il devient directeur financier France, puis en 2014, Nuvasive le débauche. Il est directeur financier pour la partie Europe centrale.

120 vols en 2017
Au bout de 24 mois, il démissionne pour une autre opportunité. Mais Nuvasive le rattrape et lui propose un autre poste, en vente. Un poste différent, véritable challenge professionnel, et hyper enrichissant personnellement: « Il y a un intérêt double. Continuer à implanter la marque, et pour moi, de découvrir d’autres cultures ». En 2017, Jérémy de Saint-Hilaire a posé ses valises au Koweït, en Israël, en Iran, en Bulgarie, en Russie, au Maroc, en Arabie Saoudite, en Afrique du Sud, aux Etats-Unis, au Liban… pour ne citer que ces pays-là… 120 vols en 2017, avec obligation pour lui d’avoir deux passeports: « Je suis déjà resté bloqué 5 heures à la douane en Israël à cause de la présence de visas arabes. » Alors il utilise un passeport pour certains pays, et un second pour les autres… C’est qui le gendarme? A.Top

 

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Lillers: Vincenzo Pruvost veut faire de son rêve une réalité

Publié le 20 novembre 2017 par Administrateur

Vincenzo Pruvost. Un petit gars de 20 ans originaire de Valenciennes arrivé à Lillers à l’âge de 7 ans. Un petite jeune bien gaulé, coiffure et style très soignés, sourire parfait. Vicenzo a un peu galéré, et n’a pas peur de le dire: « C’est mon histoire, mon parcours ». C’est peut-être aussi ce qui a forgé son mental. Sixième enfant d’une fratrie de neuf, le petit Lillérois n’aime pas l’école, pas du tout. « J’étais à Jacques-Prévert, je ne faisais jamais mes devoirs. Je passais mes journées et mes soirées au city-stade. Un jour l’assistante sociale a convaincu ma mère de me mettre en internat. » Il  est en classe de CM2, et chaque lundi matin, vers 5 h, il prend le train à la gare de Lillers pour Saint-Pol-sur-Ternoise, via Béthune. Il demeure interne jusqu’en classe de 5e. « On m’a accepté au collège Léo-Lagrange en 4e, j’avais plein de copains, mais pas forcément de bonnes fréquentations… » Retour à l’internat, mais à Fruges cette fois, où il réussit à se faire virer. Retour à « Léo » en cours de 3e, puis direction le LP Flora-Tristan à Lillers: « Il n’y avait pas d’autre choix que d’aller là. On m’a inscrit en maçonnerie, mais je n’aimais pas ça. Je me suis fait viré de là aussi. »

Vincenzo a 16 ans, et ne sait franchement pas quoi faire de sa vie, à part jouer aux jeux vidéo. D’une apparence négligée, un peu enrobé, il rate le peu qu’il entreprend. L’armée ne veut pas de lui non plus. « Je savais que je ne voulais pas faire un métier normal. Un jour j’étais avec une amie en train de regarder une émission de télé-réalité, et je lui ai dit « tu vois, un jour, je serai là ». Elle s’est moquée de moi, elle m’a dit que ça n’était pas pour moi. » Un déclic. Vincenzo veut prouver qu’il est capable. Il se met à courir, tous les jours, à prendre soin de son apparence. Il se met à la musculation… et à se filmer en direct sur Facebook. Le garçon se métamorphose: « Au départ, je me filmais en train de faire des séances de muscu. Après je lançais des conversations en direct, on parlait de tout avec mes amis Facebook ». Des amis virtuels, et il le sait. Des centaines de followers qui observent de près tout ce qu’il publie, et commentent. Vincenzo a la cote, et franchit un nouveau cap en devenant animateur péri-scolaire. Une première formation, le Bafa, et une première expérience professionnelle concluante, enfin… Et il continue ses directs. Jusqu’à ce jour du mois d’août où un mystérieux producteur le contacte via le réseau social Facebook: « Il m’a dit que j’avais de la prestance, que je l’intéressais pour une émission de web télé-réalité. J’y croyais pas du tout. Alors il m’a appelé. » Quelques semaines plus tard, Vincenzo débarque à Paris, paniqué. C’est là qu’il rencontre physiquement ce fameux producteur. Avant de rentrer à Lillers, plein d’espoirs, il signe un contrat de droit à l’image pour une émission au concept tout à fait nouveau, dont le tournage se déroulera en décembre.  Aujourd’hui, le jeune homme sait ce qu’il veut: devenir modèle photo. Il en a les moyens, et c’est tout le mal qu’on lui souhaite. A.Top

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Ex-Anatolard: Docteur Hugo, mister Delsert

Publié le 04 novembre 2017 par Administrateur

Revanchard. On pourrait parler des heures avec Hugo Delsert, tant le jeune homme a un parcours qui relève de l’exceptionnel. Pourtant, un certain professeur d’histoire-géographie ne croyait pas en lui. Mais alors pas du tout: « Quand je disais que je voulais être médecin, elle s’est moquée de moi. J’ai même eu un avis défavorable au conseil de classe pour mon orientation en médecine ». Pourtant, Hugo, originaire d’Ames, mais arrivé tout jeune à Lillers (pour la petite histoire, il est le fils du patron de Gitem, et le petit-frère de Rémi Delsert, l’opticien), est plutôt très bon dans les matières scientifiques, physique-chimie, SVT et mathématiques: « J’ai eu mon bac avec ces trois matières-là, avec 13,9 de moyenne. J’étais pas loin de la mention bien. Mais j’ai dû avoir 1 ou 2 en philo. Je ne bossais que les matières qui m’intéressaient ». Cette moquerie, Hugo en fera une force: « S’il n’y avait pas eu cela, je n’en serais peut-être pas là aujourd’hui. Ça m’a piqué. » Bachelier en 2003, il rejoint « La Catho » à Lille pour entamer ses études de médecine… qui dureront 13 ans. Non pas qu’il ait retapé certaines années, mais parce qu’il a visé haut, très haut, au sens propre comme au figuré.
Sa première année de médecine, il l’obtient du premier coup. 40e sur 500 candidats, excusez du peu. Il passe ses 6 premières années sans encombres, motivé comme jamais, avec une idée en tête: la médecine d’urgence, mais pas n’importe laquelle, celle en montagne: « Je voulais absolument rejoindre la faculté de Toulouse, qui est le berceau mondial de la médecine d’urgence. » Tout Lillérois qu’il est, Hugo, qui vient de fêter ses 32 ans, a toujours été passionné et attiré par les sports de montagne. Alpinisme, snow-board, ski de randonnée n’ont pas de secret pour lui. Alors il franchit les étapes: 3 ans de médecine générale, 2 ans de médecine d’urgence et enfin 2 ans de médecine d’urgence en montagne. Il devient médecin du Samu à Tarbes dans les Hautes-Pyrénées, et vole quotidiennement à bord de l’hélicoptère de la gendarmerie. Mais il ne reste pas: « Un de mes anciens formateurs m’a proposé de venir travailler en Suisse. J’ai accepté. » En fait, après réflexion, Hugo s’aperçoit que ce qu’il aime avant tout, c’est voler. Et puis surtout, il sait qu’il prend de gros risques au quotidien. Il est jeune papa, alors il accepte de faire ses valises pour la Suisse et un poste plus tranquille: « D’ailleurs,  6 mois après mon départ, l’hélicoptère de la gendarmerie s’est crashé en montagne. Je serais mort à l’heure qu’il est. »
Alors il part en 2013, avec dans sa mallette, des souvenirs impérissables. « Je me souviens d’une intervention traumatisante, un petit garçon de 5 ans qui s’est noyé dans une piscine. J’avais réussi à le réanimer, mais il est malheureusement décédé. J’avais 26 ans, j’essayais de faire comprendre calmement aux parents que ça allait être difficile. Ils ont accepté de donner les organes de leur enfant. Un autre enfant a pu les recevoir. » Un moment difficile, émouvant, marquant pour le jeune médecin qui connaîtra des instants plus joyeux, comme cette sortie en montagne qu’il n’est pas prêt d’oublier: « On faisait la Brèche de Rolland dans les Pyrénées avec deux amis, un autre médecin et un pompier. Quand on est tombé sur deux Espagnols, dont l’un s’était luxé l’épaule. Ils ne pouvaient pas continuer, c’était l’hiver et ils étaient très mal embarqués. Ils seraient morts de froid. On n’était pas en service, alors on a appelé les collègues. Et l’hélico est arrivé en 5 minutes. Les Espagnols n’ont pas tout compris, ils hallucinaient. Et pour la petite histoire, dans l’hélico, il y avait mon directeur de thèse. Alors on est tous repartis ensemble. On leur a sauvé la vie, et ils ont raconté ça en rentrant aux journaux espagnols. »
Aujourd’hui, la folie des sauvetages en haute montagne n’est plus vraiment son quotidien. Hugo Delsert est à la tête d’une sorte de maison médicale, avec deux autres confrères. Sur place il y a tout. Et les médecins savent tout faire: « Le système est génial. En France, le médecin prescrit des radios, des échographies, les prises de sang… Nous, on fait tout sur place, je me suis formé pour ça. Et nous avons huit infirmières. On fait gagner énormément d’argent à la société, et on fait gagner un temps fou au patient. En France, il serait envoyé aux urgences. Le système suisse est génial. » Installé dans le canton de Fribourg, Hugo Delsert, sa compagne, originaire de Festubert, sa fille de 2 ans et son petit garçon de 5 ans vivent dans un chalet très cosy, dans une commune tranquille, où tout le monde est gentil. Pour rien au monde l’ex-Lillérois ne changerait de vie: « J’ai été sollicité par l’ONU, pour travailler à Genève ou Lausanne, mais je préfère rester dans mon chalet à la montagne, je ne me vois pas dans une grande ville. » Pas question non plus de rentrer un jour à Lillers… quoiqu’il y vient régulièrement. En même temps ça ne lui prend que trois petites heures. Parce que Hugo est devenu pilote d’avion, et vole quand il en a envie, quand les conditions sont bonnes. Alors quand c’est le cas, il se pose à l’aérodrome de Saint-Omer et vient rendre visite à sa famille. Joli pied de nez quand même, qui le fait sourire: « Comme quoi il ne faut jamais écouter les profs! » A.Top

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Ex-Anatolard: Clément Guisse vous héberge en Australie

Publié le 07 octobre 2017 par Administrateur

Coupons court immédiatement à tout fantasme. Non, Clément, ne propose pas de vous héberger gratuitement chez lui dans son appartement de Melbourne avec vue sur la baie. Clément Guisse, un nom de famille qui vous dit sans doute quelque chose. Il n’est autre que l’un des quatre fils de Michel Guisse, le patron à la retraite des fameuses pépinières. Né à Saint-Pol-sur-Ternoise, Clément grandit à Lillers. École primaire à Notre-Dame, collège à Saint-Vaast à Béthune, il débarque au lycée Anatole-France pour trois ans: « Le lycée, je l’ai plutôt bien vécu. J’essayais de ne pas me faire remarquer parce que j’étais un élève moyen. Je n’y ai aucun mauvais souvenir. Et puis, j’y ai lié de vraies amitiés, qui durent toujours. »
Clément décroche à 17 ans son bac série ES, au rattrapage. Direction l’IUT de Lens, pour un DUT techniques de commercialisation. Là, un professeur lui soumet l’idée de s’orienter vers la communication. Clément a trouvé sa voie, il prend le chemin de l’institut supérieur des techniques de communication (ISTC) à Lille: « Je suis parti en licence sans trop savoir précisément quel métier je voulais faire. Ça s’est décanté pendant le master ». C’est d’ailleurs pendant ce master qu’il va connaître sa première vraie expérience à l’étranger: « L’école nous incitait à 6 mois de césure, travailler 6 mois à l’étranger, pas forcément dans la communication. Je voulais un pays anglophone. Les États-Unis ne m’attiraient pas, l’Angleterre c’était trop près. » Clément opte pour le pays des kangourous. Ce passionné de moto et de sports de glisse travaille comme serveur à Sydney, durant 5 mois, puis se prend un mois pour voyager sur la côte Est. L’expérience est concluante: « Ça correspondait vraiment à ce que je cherchais ».

De retour en France, le Lillérois installé à Lille prend la direction de la capitale pour son stage de fin d’études. Il travaille dans l’événementiel, pour plusieurs agences, et collabore notamment au salon du golf ou Rolland-Garros. Deux années très enrichissantes pour lui, avant de revenir une nouvelle fois dans le Nord, au siège de Décathlon: « J’ai travaillé trois et demi avec eux pour des missions de communication. » Des missions qui l’emmènent à Moscou, Shanghai et Taïwan. Puis il postule chez OVH (On Vous Héberge), une société basée à Roubaix rayonnant à l’international qui donne dans l’hébergement de sites internet (d’où le titre de cet article), les noms de domaine, le big data et les solutions cloud, pour faire simple. Il intègre l’équipe d’OVH, chargé de développer l’implantation de la marque en France, à l’étranger, et notamment vers la zone Asie-Pacifique. Un peu plus de deux ans plus tard, un poste en Australie se profile. Clément saisit l’occasion et s’envole pour Melbourne en juin dernier, avec toujours cette mission de développer l’implantation d’OVH, acteur mondial et leader européen. Un nouveau challenge, dans un cadre sympa: « J’ai un quart d’heure de marche pour aller au travail. Je passe par le Luna park chaque matin, je vois des perroquets… le cadre est canon! ». Clément restera à Melbourne un an minimum. Et après? Lui-même ne sait pas. A.Top, 62190.fr

 

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Le portrait du dimanche: Xavier Kolakowski, adjoint au maire à seulement 24 ans… tout naturellement

Publié le 26 avril 2014 par Administrateur

Dimanche 30 mars, salle Sainte-Cécile. Un jeune homme craque et laisse échapper quelques larmes. Trop de pression sans doute pour celui qui vit sa première aventure politique. Pascal Barois vient d’être réélu à la tête de la commune et avec lui, Xavier Kolakowski, 7e de la liste « Lillers en positif ». Une semaine plus tard en conseil municipal, il est à seulement 24 ans propulsé adjoint au maire, chargé de la jeunesse et de la citoyenneté.
Xavier Kolakowski n’est pas un pur produit de Lillers. Originaire de Marles-les-Mines, il débarque dans la cité de la chaussure à l’âge de 14 ans, parce que sa mère décide de s’y installer tout simplement. Côté scolarité, il fait donc ses classes dans la cité minière, à l’école Gambetta d’abord, le collège Émile-Zola ensuite, avant de rejoindre le lycée Lavoisier d’Auchel où il obtient un bac économique et social. Puis direction le Centre de formation de la profession bancaire à Villeneuve-d’Ascq. En alternance, il travaille au crédit du Nord, pendant deux ans, établissement qui le conserve passés les 24 mois requis, avant qu’il ne prenne la direction du Crédit agricole à La Madeleine. Pas le genre à perdre son temps le type. Supporter inconditionnel du Racing club de Lens, fan des terrils de sa région, ils se tourne rapidement vers la politique locale, sans se forcer.

 Éveil d’une conscience politique
Devenir adjoint d’une commune comme Lillers à seulement 24 ans n’est pas anodin. Pas étonnant donc d’apprendre que sa conscience politique s’éveille… À 12 ans seulement! Jean-Marie Le Pen est au second tour de l’élection présidentielle: « Il y avait un peu urgence! » glisse-t-il. Ses idées s’affinent lorsqu’il est en classe de seconde, les mouvements contre le contrat de première embauche prennent de l’ampleur: « Le CPE c’était pour moi une totale aberration, et dans ce combat, j’ai trouvé le parti socialiste beaucoup trop mou. Le déclic est venu de là ». Le déclic: son ralliement au Parti communiste qui porte à ses yeux des valeurs qui lui correspondent bien. Son combat: « la finance qui gouverne » dit-il, un peu paradoxal en apparence pour quelqu’un qui bosse dans le milieu bancaire, mais pas pour lui: « Je réponds à des ordres, je ne suis pas un décideur. Je gagne ma vie voilà tout ». 2009, Xavier Kolakowski prend sa carte au PC, une connaissance le rapproche alors de la section de Lillers, et en octobre dernier, Lucien Andriès et Alain Lelong viennent le chercher pour les prochaines municipales. « J’ai dit oui tout de suite, raconte l’intéressé, c’était avec Pascal Barois et personne d’autre de toute façon, il était le seul candidat viable sur Lillers. On m’a proposé d’être sur la liste, la position c’était rien. Je suis parti pour un combat, pas pour un poste ».

Amoureux de Lillers
N°7 sur la liste avant le premier tour, on le voyait mal devenir simple conseiller. Mais Xavier le jure, ça n’était pas prévu: « C’est en réunion de groupe, après le second tour que ça s’est fait. Il a été décidé d’intégrer un jeune à l’équipe d’adjoints, si j’avais été 15e sur la liste, ça aurait été pareil ». Une vraie fierté pour lui, pour sa mère, sa grand-mère… Fierté d’œuvrer pour cette ville de Lillers qu’il aime tant: « Quand je suis arrivé ici, j’ai découvert un tas de commerces, un nombre incroyable d’assos, de clubs sportifs, c’est une vraie chance d’avoir cela. Et puis il y a des monuments classés aussi…Un vrai contraste avec ce que j’avais connu avant ». Le voilà donc propulsé adjoint à la jeunesse et à la citoyenneté. Excité et confiant, il sait que sait que ce sera ni simple, ni de tout repos. Son cheval de bataille, les centres de loisirs pour l’essentiel, et puis côté citoyenneté, son travail sera là encore pour majeure partie à destination des jeunes: « Je vais partir à la rencontre de ceux qui viennent d’avoir 18 ans, leur dire  »vous avez le droit de vote, utilisez-le! » Aux municipales, le taux d’abstention à Lillers a été inférieur à la moyenne nationale, ça serait bien de faire pareil aux européennes ». Adjoint à 24 ans, de quoi nourrir quelques ambitions en politique. Dans 6 ans, il aura donc trente ans, il y pense déjà et plaisante: « J’espère avoir un peu de barbe »! A. Top

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Le portrait du dimanche… Les Delassus à Ham-en-Artois : « Avec le vent comme complice »

Publié le 06 avril 2014 par Administrateur

Chloé et Alain Delassus

Rencontre avec la famille Delassus, fervente pratiquante de l’aéromodélisme vol libre au plus haut niveau. Un univers surprenant où se mêlent technique et communion avec les éléments.
Nous sommes en 2014 après Jésus-Christ, toute la discipline de l’aéromodélisme est occupée par les avions thermiques à moteur… Toute? Non! Car un village peuplé d’irréductibles passionnés de planeurs vol libre résiste encore et toujours à l’envahisseur… La paraphrase est un peu galvaudée, car Alain et Chloé Delassus ne semblent pas opprimés le moins du monde. Leur passion, leur univers, l’aéromodélisme vol libre est un milieu où règne le calme, le silence, la concentration et l’observation, l’entraide entre concurrents, l’échange de tuyaux et de savoirs.
Le vol libre est un peu le parent pauvre de la Fédération française d’aéromodélisme et dans le département du Pas-de-Calais, il ne sont que trois à le pratiquer, Alain Delassus et ses deux filles!
Il est souvent difficile d’expliquer d’où vient une passion. Alain, 52 ans, professeur de technologie au collège Maurice-Piquet à Isbergues n’échappe pas à la règle: « Ça a commencé tout petit. Vers 5-6 ans, je fabriquais des cerfs-volants et très vite j’ai dérivé vers le modélisme, je construisais des avions avec des produits de récupération ».

 Qualifications aux championnats du monde
C’est en 1973 qu’il découvre le planeur vol libre en adhérant à la section aéromodélisme de la MJEP d’Isbergues, ce qui lui permet de participer à ses premières « confrontations » départementales et régionales sur les terrains de Saint-Omer, Merville, Vitry-en-Artois ou Bondues. En 1976, il participe à son premier rassemblement national à Moulins dans l’Allier. Alain Delassus devient l’année suivante animateur de la section isberguoises et ce pendant près de 10 ans, les rassemblements nationaux s’enchainent, avant d’adhérer à la FFAM en 1987… première participation aux championnats de France, les vrais, dans la catégorie « international » et deux ans plus tard, c’est la consécration: il intègre l’équipe de France et se rend en Argentine pour participer aux championnats du monde! En 1992, il est le chef de l’équipe de France qui concourt aux championnats d’Europe en Roumanie. Champion de France 2007 catégorie « planeur senior », une seconde participation aux championnats du monde en Hongrie en 2003, Alain Delassus truste les place d’honneur sur le plan national et emmène sa petite famille sur les spots des compétitions. Tout naturellement, Chloé, sa fille aînée de 19 ans, tête bien faite, étudiante en biotechnologie, succombe au virus il y a quatre ans, et l’an passé, elle devient championne de France junior pour la première fois! La cadette, Alice, 13 ans, prend le même chemin.
Un sport, un vrai
Le modélisme vol libre se doit d’être expliqué, mais très objectivement, il faut le voir pour le croire. Un vent à décorner les bœuf dehors, nous n’aurons pas droit à une démonstration en live, mais Alain saisit son ordinateur pour nous montrer une vidéo du Suédois Per Findhal, un des tout meilleurs « freeflyer » au monde, qui lui a envoyé les plans de ses avions par La Poste un jour, c’est dire la fraternité qui règne dans la discipline. Alain Delassus nous résume la chose, le F1A, la catégorie qui les anime: « Le planeur, ça ne se pilote pas puisqu’il n’y aucun moyen de le diriger à distance ». Pour résumer, le grand oiseau fait de balsa ou de fibre de carbone qui ne pèse pas 500 g, est attaché à un câble de 50 m tenu par le concurrent à bout de bras. Le planeur s’élance dans le ciel à la manière d’un cerf-volant… l’aérologie entre alors dans la danse, comprenez la recherche du bon courant. L’avion miniature tournoie, parfois pendant de longues minutes, ce qui rend la chose assez physique, puis au bon moment, le concurrent libère son poulain en tirant d’un coup sec sur le câble. Le but du jeu, faire voler le planeur le plus longtemps possible, et ce à sept reprises lors des compétitions, avec un temps de vol maximal de trois minutes (un procédé technique permet de faire descendre l’appareil passé ce délai). Durant ces 120 secondes, le « pilote » se doit de suivre son avion… en courant évidemment!
Pour exceller selon Alain Delassus, trois critères essentiels: la mise au point du planeur à coups de réglages millimétrés, la tactique et le sens du vol, et enfin la chance: « Parfois le modèle termine sa course dans un arbre » plaisante-t-il. On le répète, minutie, calme et concentration sont de rigueur. Ce sport, puisque très objectivement encore, l’aéromodélisme vol libre en est un, se pratique par une communauté de passionnés qui tend à se réduire en nombre. Chloé en fait partie, une fierté pour son père. Une passion qu’elle ne peut partager qu’avec lui: « Mes amis ne comprennent pas, pour eux l’aéromodélisme c’est avec un moteur, il trouve donc ça ennuyeux. Alors je n’en parle pas, et ça ne me dérange pas. Chacun son truc ». A.Top

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Le portrait du dimanche: Laurent Bayard, le patron de Securitest à Lillers… un moteur dans les tripes (1/2)

Publié le 23 mars 2014 par Administrateur

Après deux années 2012 et 2013 pleine de succès sur les épreuves régionales, Laurent Bayard, démarre l’année 2014 en trombe avec une 3e victoire aux « Routes du Nord » et une superbe 5e place au dernier rallye du Touquet Pas-de-Calais. Itinéraire d’un pilote passionné, simple et bourré de talent, rencontre avec le patron du centre de contrôle technique Securitest à Lillers.
Avec Laurent Bayard , on est bien loin des clichés qui collent à la peau du rallye automobile. Pas du genre à tout sacrifier pour le chrono, à commencer par sa Toyota Corolla WRC, achetée en 2011. Quelques jours avant de prendre le départ du 54e rallye du Touquet, il parlait de la saison à venir: « L’objectif premier est de ramener la voiture sans bobo à l’arrivée ». ça en dit long sur l’état d’esprit de ce pilote de 45 ans originaire de Gonnehem, près de Béthune. Un coin qu’il n’a jamais quitté: « J’y suis attaché, lance-t-il, je ne suis pas un aventurier! »Le rallye pour lui, c’est le plaisir de rouler, et une belle façon d’assouvir une passion pour les sports mécaniques qui démarre sur le tracteur de l’exploitation agricole de son grand-père! À 13 ans, il commence sa carrière de sportif par le motocross, se forgeant une belle réputation sur le circuit régional. À 18 ans, il participe au championnat d’Europe Imba à Isbergues, il est alors un pilote prometteur, mais arrête malgré tout rapidement, préférant donner la priorité aux études, à son BTS technico-commercial.

Laurent Bayard sur le rallye du Touquet 2014


L’enduro, puis l’auto

Il démarre sa carrière professionnelle dans la distribution de pneus pour poids-lourds, puis le métier de contrôle technique apparaît. Il monte son premier centre à Lillers en 1995, ouvre à Auchel, Béthune et Aire-sur-la-Lys enfin… Entre temps, la moto le fait « replonger ». En 1994, il participe à son premier enduro du Touquet. Il rééditera l’expérience en 96 et 97 et à chaque fois, il va au bout de l’épreuve, se classant une fois 37e, sa meilleure perf. Il n’en garde que de bons souvenirs: « Il y avait beaucoup de stress. La veille du départ, la première ligne droite, le goulet… » Il participe à une dizaine de courses d’enduro puis le jeune chef d’entreprise se tourne vers le rallye automobile. Il débute en compétition avec une Alpine berlinette « chez les historiques », puis passe sur Porsche. Il remporte le rallye de la Lys, du Béthunois et du Touquet, avant de rejoindre « les modernes » avec une Renault clio. Au volant d’une Toyota Celica, il empoche le rallye des Routes du Nord en 2011, avant de s’offrir une Toyota Corolla WRC en fin de saison: une voiture fiable, qui a couru en championnat du monde et d’Europe, un volant un peu plus conforme à son talent, mais qu’il lui faut apprivoiser. En 2012, c’est chose faite, il remporte 5 rallyes régionaux, 6 en 2013, avec en prime une belle 6e place au Touquet. 5e cette année, Laurent Bayard confirme tout le bien que l’on pensait de lui. Une performance difficile à améliorer, car devant lui, les pilotes se battent pour le championnat de France, avec des voitures plus récentes, plus rapides, avec des budgets tout autre… Ce qui n’empêche pas Laurent Bayard de venir les côtoyer, de très très près. A. Top

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Le portrait du dimanche: Maxime Théry, photographe amateur, présente « Paysages de la Lys romane et environs » du 4 au 30 juin à Lillers

Publié le 31 mai 2013 par Administrateur

Une histoire de coïncidences. Le 19 janvier, Franck Pailleux de l’Office du tourisme du Pays de la Lys romane lance un appel sur Facebook, invitant les personnes désireuses de partager des photos de paysages enneigés du secteur sur la page de l’O.T. … un jeune homme répond à cet appel, publiant des clichés fort sympathiques, pour ne pas dire magnifiques. Il sera le principal contributeur. Son nom: Maxime Théry, photographe amateur de 21 ans établi à Lambres.
Un jeune homme pétri de talent, tombé dans l’univers de la photographie un peu par hasard. C’est en quelque sorte la seconde coïncidence. Il raconte: « Mon goût pour la photo vient de ma passion pour la météo. Dans la nuit du 3 au 4 juillet 2005, un violent orage éclate, Lambres est inondé, les habitants sont secourus en bateau. Et là je me demande pourquoi il y a eu cet orage, pourquoi un tel phénomène… je m’amuse alors à prévoir le temps qu’il va faire pour prendre des photos ». Il est irrésistiblement attiré vers la photo de paysages, magnifiés par le soleil, la neige, les grosses marées… « Là par exemple, je n’ai pas touché à l’appareil photo depuis quinze jours! ». Alors on ne résiste pas à lui poser la question, puisqu’il est passionné par la météorologie… Quand fera-t-il enfin beau? Il répond sans hésiter: « Début juin il y aura du soleil». Nous osons le croire. Nous lui promettons aussi de lui donner de nos nouvelles si tel n’était pas le cas…

« Je ne me lève pas en me disant que je vais en faire mon métier »
Du 4 au 30 juin, Maxime Théry exposera ses meilleurs clichés, ceux qu’il préfère plutôt pour la deuxième fois. Après une première expo à Lambres il y a deux mois, il accrochera son travail à Lillers, dans les locaux de l’office de tourisme. Déjà une belle reconnaissance pour cet autodidacte qui a démarré avec un petit appareil compact il n’y a pas si longtemps, avant de se voir offrir son premier reflex numérique par ses parents à l’obtention du bac. Il n’a pas suivi de formation particulière, et ne semble pas s’en soucier plus que cela: « J’essaye de m’améliorer seul, je sais que j’ai des lacunes en photo de portrait ». Et puis, lui qui a suivi des études en horticulture, aspire d’abord à la stabilité professionnelle. En contrat à durée déterminée chez Alphaglass à Arques, il espère la titularisation. La photo n’est qu’un hobby: « Je ne me lève pas le matin en me disant que je vais en faire mon métier ». Lui qui a souvent le regard tourné vers les cieux, n’en garde pas moins les pieds bien sur terre. A. Top

« Paysages de la Lys romane et environs », par Maxime Théry, du 4 au 30 juin à l’Office de Tourisme du Pays de la Lys romane, place Roger-Salengro à Lillers. Exposition visible pendant les horaires d’ouverture. Gratuit.

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Le portrait du dimanche: Alain Henneton, président de la section philatélique du FLJEP et pressophile à ses heures perdues

Publié le 24 mars 2013 par Administrateur

N’allez surtout pas imaginer qu’Alain Henneton est un illuminé, complétement obsédé par l’un des passe-temps préféré de la ménagère. Celui qui est le président de la section philatélique du FLJEP depuis quatorze années est avant-tout un collectionneur passionné, qui s’est pris d’affection tout à fait par hasard pour le fer à repasser.
« C’est arrivé bêtement,
raconte l’intéressé, nous étions en train de manger chez la tante de ma femme, et j’ai vu ce fer à galette. Elle m’a demandé si j’en voulais ». Nous sommes dans les années 80. Alain est rentré à la maison avec le fer à repasser en question, puis comme il était à l’époque un chineur acharné, il en a trouvé d’autres sur les marchés aux puces. Deux, trois, quatre, dix, cinquante, il en comptera près de deux-cents à une époque, avant de se calmer! « Aujourd’hui il m’en reste une bonne centaine. J’ai trié, donné, jeté. Et puis on me demande parfois de faire une exposition, ce que je fais deux fois par an, dans la galerie marchande de Cora Bruay notamment, en septembre ».

 Famille de passionnés
Né à Lillers dans la rue de Relingue, domicilié à Lillers sur le boulevard de Paris, Alain Henneton est impliqué dans sa ville, comme l’était son père, le regretté Paul Henneton, président emblématique de l’AS Lillers football pendant une vingtaine d’années. Depuis 14 ans maintenant, Alain est le président de la section philatélique du FLJEP, succédant à André Lesage, le très réputé photographe. Car oui, Alain Henneton est avant-tout un philatéliste. Des timbres, il ne saura pas vous dire combien il en possède. Des milliers assurément, en carnets, des oblitérés, des vierges, et vingt années complètes de timbres français. La collection est une passion, une affaire de famille même. Sans s’étaler sur le sujet, le frère d’Alain, Robert, a fait de son domicile un véritable musée, collectionnant à titre d’exemple les carreaux de faïence, ou les papiers d’orange. Et comme une passion ça se partage, Alain n’a pas hésité à aider le frangin dans sa quête, repassant même les précieux papiers qu’il glanait sur les marchés. Il faut dire qu’il était équipé.

 « J’ai encore le premier fer électrique de ma mère »
On dit qu’il n’y a pas de sot métier. Il en va de même pour la collection. En ce qui concerne la pressophilie (ça ne s’invente pas), on comprend rapidement que ça devient très vite passionnant. Derrière le fer à repasser se cachent en effet des choses qu’on ne soupçonnait pas: l’évolution de la société, de la condition féminine (et masculine!), l’évolution des techniques, des matières utilisées… et on voyage aussi, en recherchant les origines. Pour s’en assurer, il suffit d’écouter Alain, qui n’hésite pas un seul instant à énumérer ce qui est passé entre ses mains expertes: « Il existait des fers à galettes, galette que l’on mettait directement dans le foyer pour les faire chauffer. Il y avait des fers à braise aussi, munis d’une grille pour évacuer les cendres. Des fers de voyage, complétement démontables, d’autres capables de repasser l’intérieur des manches, des fers à dentelle, des fers en laiton, en aluminium, à vapeur, à piston, de très beaux en bronze, superbement décorés. J’ai un fer plat datant de la fin du XIXe qui venait d’une famille de fondeurs, les Gendarme… c’est mon plus ancien. J’ai encore le premier fer électrique de ma mère aussi! »

 Depuis que la femme est coquette
L’homme a l’air diablement calé. On ne résiste alors pas à tester sa connaissance en la matière, lui demandant simplement à quand remonte l’objet. Il répond sans sourciller: « Depuis que la femme est coquette! » Il sourit, et poursuit. « À l’Égypte antique en fait ». Et puis il y a cette autre question qu’on ne pouvait ne pas poser à ce jeune retraité de 64 ans, ancien pâtissier, passé par la chaudronnerie avant d’atterrir à l’usine Roquette comme technicien de maintenance. Une question bien préparée, histoire de le piéger. Tant d’exemplaires, tant d’années balayées, tant de savoir… mais sait-il donc repasser une chemise le bougre? « Bien sûr! Je ne suis pas un grand repasseur, mais ma mère nous a appris, et puis à l’armée il a bien fallu le faire. Je sais coudre un bouton aussi! ». Pour le coup, la tentative de piégeage est complétement ratée. A. Top

 

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Le portrait du dimanche… Jérémy Montvoisin, gérant du New Day: « On est roi dans son royaume »

Publié le 20 janvier 2013 par Administrateur

Hier samedi, le New Day, bar à thème, fêtait ses deux années d’existence. Il nous est donc apparu logique de consacrer un portrait à Jérémy Montvoisin, l’emblématique gérant d’une enseigne qui marche fort. Un gars de Lillers bien dans ses pompes, un gars plein de projets, qui n’a pas tout à fait fini de faire parler de lui. Il dévoile ses projets et revient sur son parcours, sa vie. Sans regret aucun. « Si c’était à refaire je ferai exactement la même chose. Toute ma vie me plait, avec les erreurs. Elles font grandir. »
Ne vous fiez pas à sa bonne humeur légendaire, à son sourire bien ancré sur le visage, doublé de yeux bleus rieurs à souhait… « Mimi » n’est pas le genre à se laisser marcher sur les pieds. « T’es cool, je suis cool »… tout est dit. Lui-même se définit comme quelqu’un de « sociable, calme et juste » et surtout « pas le genre à regarder dans l’assiette de l’autre ». Ancien boxeur, quelques années passées à Toulon dans la Marine nationale, autant dire que derrière la gueule d’ange, il y a aussi du répondant. Un tempérament qui lui permet de mener à bien son entreprise, le New Day, bar à thème qu’il gère d’une main de maître, avec la fermeté nécessaire.

 De Hazebrouck à Lillers, en passant par l’Afghanistan
Arrivé à l’âge de sept ans à Lillers
(il est natif d’Hazebrouck), « Mimi » débarque à l’école Robert-Desnos en classe de CE1, timidement, plutôt du genre à se mettre au fond de la classe. « C’est après que j’ai commencé à devenir un élément perturbateur », raconte-t-il en se marrant. « Mais je n’étais jamais méchant ». Pas vraiment un bon élève, mais toutefois, il a obtenu tous les diplômes entrepris. Ceux qui l’ont côtoyé au collège René-Cassin, de près ou de loin, se souviennent forcément de lui. Tout le temps en train de rire… et taquin, envers ses camarades, comme avec les professeurs, dans la limite toujours du respect des gens. Quelqu’un de juste on vous a dit. Puis direction Béthune et le lycée Salvador-Allende. C’est là qu’il se prend d’affection pour la marine nationale. Il passe les tests avec succès et part en mission de guerre contre le terrorisme en Afghanistan, la mission Agapanthe… puis il tourne la page militaire au bout de trois ans: « J’en avais marre de bien gagner ma vie et de ne pas pouvoir en profiter. On travaillait 12 heures par jour, 7 jours sur 7 ». Il rentre dans son Nord natal, dans sa ville, œuvre un moment pour la mission locale de Bruay-la-Buissière et réfléchit à un projet professionnel, avec son ami Patrick Marquis, chargé à la ville de Lillers du développement économique,

Plus grand encore
« En tant que client j’étais à la recherche d’un bar sympa dans le secteur.
Il a été question un moment de reprendre le Big Ben -boulevard de Paris- mais ça n’a pas abouti »… Et quand il parle d’un bar « dans le secteur », il pense à sa ville en particulier: « Parce qu’on est roi dans son royaume! Je connais tout le monde ici, pas besoin de me faire connaître. J’avais la clientèle avant d’avoir la structure!» Malgré cela, il sait que rien n’est gagné d’avance. Il appréhende même un peu. « C’était le grand saut dans le vide. S’il y a la conviction, on est sûr de rien. Cinq minutes avant l’ouverture, je tremblais.»
Aujourd’hui, avec un peu de recul sur son activité, le jeune homme aborde les choses beaucoup plus sereinement et avance à pas de géant avec sa sœur Isabelle, employée du bar: « Ça fonctionne mieux que prévu », concède-t-il. Tant et si bien que les projets affluent. Depuis un petit moment déjà, il réfléchit à un projet de terrasse à plus ou moins court terme, et s’il nous confie « en off » le concept, il nous fait jurer de ne rien dévoiler: «Tu peux dire que ça va péter, que ça va surprendre, que ce sera… original. » Il voit un peu plus grand encore, et se met à rêver de boîte de nuit. On le prendrait presque pour un utopiste, un doux rêveur… mais ça serait mal connaître « Mimi » que de dire qu’il va un peu loin. «Je rêve d’une ambiance belge, d’une mentalité belge… mais ici… dans le coin »… il n’en dira pas plus. Du moins qu’on puisse écrire.

A. Top

 

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Le portrait du dimanche… Philippe Vincent: Le bénévolat dans les veines (2/2)

Publié le 14 janvier 2013 par Administrateur

Journaliste depuis 1979, ex-président de l’Office de tourisme du Pays de la Lys Romane, président de l’association de randonnée Ortie à Burbure et directeur des Échos du Pas-de-Calais, Philippe Vincent était à l’honneur dimanche lors de la cérémonie des vœux au maire de Lillers. Il a reçu de la municipalité la médaille de la vie associative (« échelon bronze » pour être précis), saluant son engagement bénévole de trente années dans le domaine du tourisme. Et comme dans « engagement bénévole », il y a engagement, le discours qu’il a prononcé dimanche à la tribune ne pouvait en manquer. Un propos millimétré, franc, émouvant pour certains, qui a dû faire grincer quelques dents, en ébranler plus d’un. Vendredi, son action en faveur du développement touristique de Lillers et de ses environs sera une nouvelle fois saluée, puisqu’il recevra le 18 janvier la médaille du tourisme lors des vœux de la Communauté Artois-Lys. Portrait d’un homme journaliste avant-tout, aux convictions façonnées par le sport. Un homme ancré comme jamais dans sa région, à Lillers et ses environs, un homme qui croit dur comme fer aux bienfaits du bénévolat, qu’il défend, à corps et à cris. Zoom sur un drôle de parcours, presque une biographie, en deux parties… qui reste incomplète.

Lillers, ville d’adoption
Trente-quatre années passées dans les rédactions et sur les événements « du coin », forcément, ça crée des liens. « J’ai eu la chance de travailler avec des journalistes comme Bernard Queste et Christian Defrance – avec qui il travaille toujours – ou encore Catherine Moser. C’est avec eux que j’ai appris le travail d’équipe. À Lillers, je me suis pris d’affection pour Charles Vandenbussche, correspondant de La Voix, et Marcel Michel, de Nord Matin. » Avec un peu de nostalgie, il relate cette époque où la presse locale faisait encore son travail et comme elle devrait encore le faire selon lui. « Quand j’allais à Lillers, et quoi qu’il se passait, les trois médias étaient systématiquement là. Nous étions concurrents, mais solidaires. Et en cas de coup dur, on se dépannait. » Ses deux acolytes lui font mettre un peu plus le doigt dans l’engrenage lillérois, lui proposant de rejoindre le Syndicat d’initiative géré par des personnalités de la commune, Alain Gibon et Guy Dubois notamment. Il accepte. Il glisse alors : « Je savais que Lillers avait un fort potentiel.» Ce potentiel, il va l’exploiter à fond. Lui l’Auchellois d’origine, donne beaucoup à Lillers. Il entre au conseil d’administration du Syndicat d’initiative, au bureau… puis la masse des membres se réduit, le SI est en perte de vitesse… On lui souffle alors qu’il serait bon de prendre la présidence… ce qu’il fait au milieu des années 90. Le début d’une belle aventure.

 Ambassadeur du Lillérois
« Il a fallu tout restructurer »,
lance-t-il… Ce qu’il fait à merveille. Il faut dire qu’il n’en est pas à sa première présidence. Déjà, il avait lancé l’Association historique et archéologique auchelloise, absorbée ensuite par l’office de tourisme de Lillers. Le Syndicat d’initiative Lillers et environs se transforme en Office de tourisme intercommunal du Lillérois, profitant de l’avènement des communautés de communes (celle d’Artois-Lys en l’occurrence). L’association installée à la maison de la chaussure (à qui il donne vie avec quelques complices), prend de plus en plus d’importance, déménage dans le centre-ville avec deux professionnels embauchés, Anne Debosque, la directrice, et Franck Pailleux, coordinateur de tourisme. Il organise les journées du patrimoine à Lillers avec des visites guidées aux châteaux de Relingue et de Beaurepaire, à la Chapelle Notre-Dame de miséricorde, à la collégiale, balise le premier de la vallée de Scyrendale, contribue à la promotion de la randonnée sur le secteur et de la Via Francigena, développe la journée du tourisme… Un ambassadeur de la région de Lillers en somme, salué dimanche dernier au Palace aux vœux de Pascal Barois, et qui le sera encore vendredi puisqu’il recevra, toujours à Lillers, mais aux vœux de la communauté Artois-Lys cette fois, la médaille du tourisme. Un engagement bénévole à qui il ne tournera sans doute jamais le dos. C’est plutôt « touche pas au bénévolat ». Le discours qu’il a prononcé au Palace dimanche traduit cet état d’esprit. Un discours teinté d’états d’âme.

 « Notre société a besoin des associatifs »
En 2012, il tourne « la page office de tourisme » et toutes les activités qui en découlaient, transmettant le flambeau à l’actuelle présidente, Luce Rousseau… mais pas la page du bénévolat , il en est le meilleur défenseur. Ambassadeur encore. Dimanche, il expliquait son départ, le pourquoi de la chose: «  Il me fallait redonner aussi un sens à un engagement associatif qui, je dois l’avouer, me fatiguait beaucoup depuis quelque temps, ayant parfois un peu le sentiment de devenir un notable, un administrateur, une personnalité… qui préside, qui siège, qui est en réunion, qui valide des décisions mais qui, au bout du compte, n’était plus vraiment force de propositions. » Pour autant, il reste un redoutable observateur. « Le fait d’avoir pris un peu de recul, d’être en retrait, m’a donné le temps d’écouter, d’observer. Et de me rendre compte qu’aujourd’hui, plus qu’hier encore, notre société a besoin des associatifs, des bénévoles. » Des bénévoles à qui on complique la tâche, à coup d’autorisations administratives, des bénévoles à qui on demande d’œuvrer comme des professionnels, à qui on en demande toujours plus, sans forcément avoir les moyens, physiques, financiers ou humains d’exercer leur « sacerdoce », comme il dit… Et il engage une réflexion, qui fait réfléchir. «Très honnêtement, je pense que la vie associative a encore de beaux jours devant elle, parce nous sommes passionnés, parce qu’il y a de l’enthousiasme et de l’intérêt porté à l’autre, mais je me dis aussi qu’il est plus que temps de donner un statut aux responsables associatifs. Un statut mais pas une rémunération ou une compensation financière au risque de perdre son âme. » Son engagement est loin d’être endormi.

A. Top

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Le portrait du dimanche… Philippe Vincent : Le bénévolat dans les veines (1/2)

Publié le 13 janvier 2013 par Administrateur

Journaliste depuis 1979, ex-président de l’Office de tourisme du Pays de la Lys Romane, président de l’association de randonnée Ortie à Burbure et directeur des Échos du Pas-de-Calais, Philippe Vincent était à l’honneur dimanche lors de la cérémonie des vœux au maire de Lillers. Il a reçu de la municipalité la médaille de la vie associative (« échelon bronze » pour être précis), saluant son engagement bénévole de trente années dans le domaine du tourisme. Et comme dans « engagement bénévole », il y a engagement, le discours qu’il a prononcé dimanche à la tribune ne pouvait en manquer. Un propos millimétré, franc, émouvant pour certains, qui a dû faire grincer quelques dents, en ébranler plus d’un. Vendredi, son action en faveur du développement touristique de Lillers et de ses environs sera une nouvelle fois saluée, puisqu’il recevra le 18 janvier la médaille du tourisme lors des vœux de la Communauté Artois-Lys. Portrait d’un homme journaliste avant-tout, aux convictions façonnées par le sport. Un homme ancré comme jamais dans sa région, à Lillers et ses environs, un homme qui croit dur comme fer aux bienfaits du bénévolat, qu’il défend, à corps et à cris. Zoom sur un drôle de parcours, presque une biographie, en deux parties… qui reste incomplète.

 Journaliste, plutôt que chaudronnier
« On est toujours venu me chercher… »
Une fois, une seule, au sein d’une association parmi la liste longue comme le bras de celles qu’il a fréquentées, il a proposé sa candidature à une élection. Pas le genre à se mettre en avant, plutôt à se planquer derrière son appareil photo. Seulement, à aller partout, on finit par ne plus passer inaperçu. Cette fois-là, c’était dans l’Aisne en l’an 2000, lors de l’assemblée générale de l’Union des journalistes de sport en France, section Nord – Pas-de-Calais – Picardie. Il entre au comité directeur. Quelque part, c’était pousser plus loin encore l’accomplissement d’un rêve, qu’il poursuivait depuis tout petit et atteint en 1998 lorsqu’il devient membre de l’UJSF… « Être journaliste sportif.»  On le moque un peu pourtant quand il dit ça au lycée, à ses profs notamment, qu’il aimerait sans doute tous recroiser aujourd’hui. Orientation proposée à l’époque : la chaudronnerie… « C’était parfait pour moi qui ne suis pas du tout quelqu’un de manuel », plaisante-t-il. Sorti du lycée Lavoisier d’Auchel sans le baccalauréat (mais avec le concours des Postes !), il saisit sa chance en 1979, lorsqu’il répond à une annonce parue dans l’Avenir de l’Artois. L’hebdo recherche un journaliste à former. Banco.
Il se forme et tisse sa toile sur les secteurs qu’il a en charge, Auchel, Lillers puis Bruay-la-Buissière, avant de rejoindre l’Echo de la Lys en 1984 qu’il quitte en 1991 pour l’Écho Rural, basé à Saint-Pol-sur-Ternoise. Un titre qui devient L’Écho du Pas-de-Calais et s’installe… à Lillers. Il devient rédacteur en chef adjoint, rédacteur en chef et enfin directeur de la structure. À « l’Écho », le journaliste localier découvre un autre aspect du métier, un autre rythme de travail. « Nous ne faisions pas de faits divers, explique-t-il, prenions le temps d’écrire, ce qui ne veut pas dire que nous avions moins de travail. C’était tout autre chose. J’ai pu élever mon niveau de reportage et de rédaction. »

En compagnie de Thierry Adam, journaliste à France Télévisions et président de l'UJSF Nord de France, lors des championnats de France cycliste des élus à Hurionville - Lillers

Le sport en toile de fond
Parallèlement, il est pendant quinze ans correspondant de presse pour La Voix du Nord dans les communes de Burbure (village qu’il affectionne et dont son épouse est originaire), Allouagne (sa résidence) et Lozinghem… Il couvre aussi le football à Bruay-la-Buissière pour La Voix des sports, l’équipe féminine de l’USOBL en particulier, qui s’invite en première division. Il est alors un des premiers journalistes à vanter les mérites du foot féminin, carrément boudé à l’aube de l’an 2000. Comme « l’Avenir » et L’Écho de la Lys, L’Écho Rural bénéficie de son fort attrait pour le sport. Il rencontre des gens comme Bertrand Lambert, multiple champion du monde de char à voile, Lise Golliot (Lise Legrand aujourd’hui), future médaillée olympique en lutte, Pierre Laigle joueur de l’équipe de France de football. S’il prendra un peu plus tard du plaisir à photographier les stars de la surmédiatisée Ligue des champions, il cherche surtout à dégoter dans le Pas-de-Calais ces sportifs de très haut niveau dont on ne parle pas. Ou pas encore. « Je me suis intéressé à des sports inconnus à travers des sportifs de classe mondiale. » Dernier fait d’arme: un dictionnaire olympique du Pas-de-Calais, sorti en novembre 2012. Un ouvrage recensant et racontant les athlètes et officiels du département, truffé d’anecdotes, passionnantes, parfois incroyables.

… et porte d’entrée dans le monde associatif
Le sport, un pêché mignon pour lui. Une porte d’entrée aussi, dans le monde associatif. Judoka, joueur et arbitre de hand (au carton jaune facile) à Auchel, il donne de son temps aux jeunes, tantôt pour encadrer, tantôt pour arbitrer. Pas une journée passée sans une dose de sport, passion qu’il partage avec Irène, sa promise, handballeuse elle aussi. Mais avec un métier pareil, pas facile de mener une carrière sportive de front, même en amateur. Comme il dit, « ça devenait compliqué. J’en étais à poser mon sifflet sur certains matchs pour faire une photo d’équipe à la mi-temps. Ou parfois je sortais carrément de la salle à la pause pour un petit reportage ». Boulimique de travail, il doit faire un choix. Il quitte les aires de sport à seulement 25 ans, pour y revenir avec ses deux enfants dix ans plus tard. Là encore, il donne de sa personne, au football notamment, à l’AS Lillers. Durant deux saisons, il sera dirigeant et accompagnateur des moins de treize ans lillérois, des jeunes footeux qui se souviennent tous d’un coup de colère légendaire sur la pelouse de Cauchy-à-la-Tour. Pas le genre à supporter l’injustice non plus, ni à se laisser marcher sur les pieds. Puis il se remet au sport « pour le plaisir ». De la course à pied au Saint-Venant athlétisme, un peu de foot et de hand aussi avec l’Union sportive des Vieilles gloires d’Allouagne du regretté André Hocq. De la randonnée enfin, véritable passion, au sein de l’association Ortie, groupe d’amis dont il est le président fondateur.

à suivre demain lundi, dès 10 heures.

A.Top

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