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Lillers: ce jour où il découvre ce que représente le logo de Carrefour

Publié le 07 novembre 2017 par Administrateur

On a souvent des conversations intelligentes au comptoir d’un bar. Un soir d’automne à Lillers, deux jeunes hommes discutent, un verre à la main, un gramme dans chaque œil. L’un des deux travaille visiblement pour l’enseigne Carrefour, et lance à son compagnon de soirée, comme ça, sans transition: « Tu sais ce que ça représente le logo de Carrefour? ». L’autre: « Pas vraiment, une flèche? ». « Non, un « C » dans un carré ». Petit sourire en coin et air satisfait pour l’un, révélation pour l’autre. Stupéfait, il se saisit de son smartphone pour vérifier. Et en effet, qu’il soit tricolore ou monochrome, c’est bien cela, le logo, c’est le « C » de « Carrefour dans un carré ». Il ne se sont pas fait suer en fait. Depuis, il a demandé une dizaine de fois à des proches s’ils savaient. La plupart non. Et deux sont salariés du groupe! Comme quoi, au comptoir d’un bar, on apprend souvent des choses intéressantes. Bon on s’entend, ce n’est pas une info capitale. Mais à n’en pas douter certains d’entre vous ramèneront leur science et feront l’expérience dans les prochains jours auprès des copains. Allez, avouez! 62190.fr

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Lillers-Béthune en trois heures avec la SNCF… qui dit mieux?

Publié le 10 septembre 2017 par Administrateur

Dimanche matin, 10h32, j’ouvre les yeux. Aïe, la tête. Hier soir, j’ai fait fort. Je me suis mis une mine, pris une caisse… j’ai bu un peu trop d’alcool quoi. Samedi en fin d’après-midi, mes copains de foot et moi-même, on est allé au Kerry Yob pour ne pas le nommer. On avait dit « juste un verre ». Et on a descendu quelques pichets de St Glinglin finalement. Et vers deux heures, je me suis dit qu’il était temps de rentrer, seul. Les autres voulaient prolonger la soirée, mais pour une fois, moi,  je n’avais pas trop envie. Sauf que voilà, je suis venu en voiture et que prendre le volant dans l’état qui était le mien n’aurait pas été sérieux du tout. Alors j’ai pris un taxi. Un peu cher pour 12 minutes qui séparent Béthune de Lillers. 20 balles: le prix de la course, le prix de la non suspension de permis, le prix pour ne pas risquer sa vie. Et celle des autres. 2h45 environ, je suis dans mon lit (oui, le taxi, il a fallu l’attendre un petit peu sur la jolie place de Béthune), et là, mission de ce matin, aller rechercher le véhicule à Béthune, qui a passé la nuit sur la place Foch. À 15h, j’ai match, du côté d’Auchel. Je suis « large ».
2h23 d’attente à Hazebrouck
Papa maman ne sont pas là, alors une seule solution ou presque: le train. Pratique, un peu cher pour si peu, mais rapide… Un coup d’œil à l’excellente application mobile « Voyages-sncf »… pour le train de 10h21, qui arrive en gare de Béthune 9 minutes plus tard pour la modique somme de 3,20 euros, c’est mort. Le suivant est à 11h39. Nickel. Ça me laisse le temps de me débarbouiller, d’avaler un bol de Chocapic et un café avant de me mettre en route. Sauf qu’un truc apparaît à travers l’épais brouillard qui stagne devant mes yeux (c’est une image): 8,90 euros, presque trois fois plus cher! À ce prix là, les contrôleurs de la SNCF servent le petit dej, cirent les pompes et une couronne de fleurs à notre descente dans la cité de Buridan! Rien du tout, nada. Pire… le temps de trajet. Trois heures, oui oui (avec son beau taxi), trois heures, soit 18 fois plus long que le précédent voyage. En trois heures, le train doit certainement passer par Lille-Flandres, une navette nous emmène à Euralille pour choper un caramel macchiato au Starbucks, avant de nous ramener à Béthune en marche arrière via le Louvre-Lens. Non, ce « fameux » train de 11h39 est bien plus morose. Embarquement prévu à bord du TER 46473 pour 17 minutes. Arrivée prévue à 11h56 à Hazebrouck, pour un retour vers Béthune, en TGV s’il vous plait, à 14h19, soit 2h23 plus tard. Gros avantage, même avec la gueule de bois, je ne risque pas de rater ma correspondance. Sauf que je risque de m’endormir lamentablement sur un banc de la gare. Trop risqué. Le train suivant est à 14h51. Beaucoup trop tard. Bref, j’ai pris mon vélo. Un jour peut-être, il y aura un bus entre Lillers et Béthune. Un jour, peut-être. A.Top

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69 logements collectifs à louer rue de la gare à Lillers

Publié le 05 septembre 2016 par Administrateur

Capture écran du site Leboncoin.

L’annonce a été publiée le 1er septembre sur le site Leboncoin. Les appartements, et plus largement la résidence en construction depuis des mois dans le quartier de la gare à Lillers, sont « ouverts » à la location.
On ne sait pas encore s’il est prévu de baptiser le bloc « la résidence du plaisir», ni quand ou comment se positionner pour décrocher l’un des apparts (il va falloir prendre son téléphone pour ça), mais toujours est-il qu’il y a 69 appartements en location en plein centre-ville de Lillers. Le metteur en scène de la petite annonce, qui n’est autre que le bailleur social Maisons et Cités, propose près de 70 logements plutôt sexy sur le papier, avec chauffage gaz, dans une résidence fermée, avec ascenseur et balcon. Mais pas de balançoire.
Au choix : 24 T2 d’une surface habitable moyenne de 50 m² à 309 euros mensuels (hors charges), 37 T3 de 69 m² (ils l’ont fait exprès) à 419 euros, et enfin 8 T4 de 87 m² au prix de 517 euros par mois. Les appartements sont « dotés d’un éclairage naturel optimisé et d’une isolation acoustique performante ». Sauvés ! Parce que oui, si pour commencer, on n’a pas envie d’entendre ce qui se passe chez le voisin, il faut dire aussi (et surtout) que la proximité avec la gare inquiète un minimum (même si le bruit d’un train de marchandise qui passe à vide, la fenêtre ouverte, ça a son charme). Mais l’isolation a l’air solide : A pour le GES, B pour la classe énergie, il paraît que c’est pas mal). Petit bémol, et on espère se tromper… le parking. Rien n’apparaît à ce sujet sur l’annonce, et à y regarder de plus près, on se pose franchement la question si on ne va pas se retrouver les uns sur les autres aux heures de pointe.

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Le fleuriste Thomas Fruchart a quitté le centre-ville de Lillers, et on n’est pas content du tout

Publié le 19 septembre 2015 par Administrateur

On le savait depuis de longs mois, l’atelier de Thomas Fruchart, fleuriste dont la réputation n’est plus à faire, a baissé le rideau en centre-ville, rue de Pernes pour ouvrir un tout nouveau magasin en face de carrefour, du futur MacDo, juste à côté des Meubles Delépine. La nouvelle aventure démarre pour lui aujourd’hui samedi 19 septembre. Bonne nouvelle pour l’artisan fleuriste qui sera plus à ses aises pour bosser, qui bénéficiera de plus de places de parkings pour les clients, et une exposition bien meilleure. Mais nous, on n’est pas content du tout et on vous dit pourquoi.

1) Parce qu’on aimait bien, quand on rentrait de soirée à 6 heures du matin, voir Thomas Fruchart et ses ouvriers bosser d’arrache-pied au petit matin les jours de fêtes des mères, de Pâques, etc. Non pas que ça nous plaisait de les voir travailler les yeux encore collés, mais plutôt parce que c’était un bel exemple de courage pour les fêtards. Le truc moins drôle, c’est quand nous, nous nous levions… 12h, on émerge et on bouge la voiture, pendant que « Chez Fruchart », on est en plein rush et que les clients aurait bien aimé notre place juste devant chez le fleuriste. Oops.

2) Parce que c’était un commerce de centre-ville qui marchait fort. Ce n’est pas le seul qui fonctionne on s’entend, mais quand même, la boutique était toujours prise d’assaut les jours de fêtes, les week-ends, et ça faisait plaisir à voir. Non Lillers n’est pas mort, la preuve.


3) Parce qu’on aime beaucoup la magie de Noël, et qu’il n’y a que rue de Pernes qu’elle opérait vraiment à Lillers. Oui, les guirlandes lumineuses, les papas Noël un peu partout, les musiques entêtantes, les enfants contents, on aime bien ça. Et on aimait encore plus la vitrine de Thomas. Juste magnifique, colorée, étincelante, et capable de résister aux rafales de vent. Ça c’était fort. Du coup on est un peu triste, et en même temps content pour lui. Alors comme ce soir on est de sortie, à 6 heures du matin on ira se garer sur le parking du nouveau magasin. Et toc!

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On a testé pour vous… Le simulateur de conduite de la piste mobile départementale d’éducation routière au lycée Anatole-France de Lillers

Publié le 16 avril 2014 par Administrateur

Il se prendra une biche aussi, la même que moi

Dans le cadre de la semaine santé et citoyenneté du lycée Anatole-France de Lillers, la piste mobile départementale d’éducation routière (organe qui dépend de la Direction départementale de la sécurité publique, la DDSP, basée à Arras) était au sein de l’établissement ce mercredi matin avec son simulateur de conduite flambant neuf. Je l’espérais secrètement… il n’aura pas été nécessaire de demander, un fonctionnaire de police m’a invité à l’essayer. Fort heureusement, il s’agissait d’un simulateur.
Mercredi matin, jour des enfants. Le grand enfant que je suis n’avait qu’une envie, tester ce superbe joujou, arrivé fin 2013 dans les locaux de la piste départementale d’éducation routière, offert par l’association Police public jeunesse, présidée par le commandant Jean-Claude Morel, chef de la circonscription d’Auchel. Un engin de plusieurs centaines de kilos, équipé d’un siège très confortable, d’un volant (c’est mieux!), de tous les équipements de sécurité nécessaires type ceinture, frein à main, clignotants, etc. Et devant, en guise de pare-brise, trois grands écrans d’ordinateur sur lesquels s’affichera un peu plus tard le « décor »… Un bel outil pour le brigadier Gilles Duquesnne et son adjoint Adrien Dubois, un engin destiné à sensibiliser les jeunes conducteurs aux dangers de la route.

 Attention au feu vert
Première surprise, le nombre de possibilités incalculables, de paramètres différents qu’il est possible d’entrer dans la machine avant de l’essayer. Plusieurs modes déjà: conduite libre, en ville ou à la campagne, exercices de freinage, d’éco-conduite… Plusieurs véhicules aussi, de la petite citadine à la « BM » à propulsion, avec des pneus en plus ou moins bon état, avec la possibilité également de régler les conditions météorologiques… si vous avez envie de conduire sur la neige, avec du vent et du soleil en même temps, et bien c’est tout à fait possible! Adrien Dubois fait la démonstration et il faut bien avouer qu’il s’en est plutôt bien sorti. Après tout, c’est un peu normal! Puis vient mon tour, le brigadier Duquesne me lance: « Monsieur le journaliste veut-il essayer? ». Un peu ouais! Ni une, ni deux, me voilà au volant d’une BMW, en ville d’abord. Point mort, un coup de clef, le moteur démarre, on vérifie si le frein à main n’est pas enclenché, coup d’œil dans le rétro et c’est parti. Carrément réaliste tout ça! La prise en main n’a rien de simple, je fais un peu gueuler la BM dans le vide, ça monte vite dans les tours ces engins là…Le but de ce simulateur est de sensibiliser le conducteur aux risques de la route… je vais vite le vérifier. Premier feu tricolore, il est rouge, tout va bien, même si mon freinage un peu brusque (ma femme me le dit tout le temps, mais là c’est pas moi, c’est la BM) m’oblige à m’arrêter un peu loin de la ligne blanche. Deuxième feu, il est vert, et le piéton sur ma gauche ne trouve rien de mieux à faire que de traverser au nez de ma bagnole… c’est pas passé loin, même à 50 km/h, on ne s’arrête pas en deux secondes…
Je redémarre, un peu désarçonné par ce qu’il vient d’arriver, je me mets sur la file de gauche, et là, je ne sais pas trop si c’est moi ou celui que je vais percuter quelques secondes plus tard qui ne tient pas sa file correctement, toujours est-il que l’on s’accroche. L’exercice s’arrête.

 Saleté de biche
Deuxième tentative, sur les routes de campagne cette fois. J’ai bien envie de m’amuser un peu, de rouler un peu vite quoi, histoire de voir comment le bolide réagit. Mais l’exercice tourne court. Quelques secondes au-dessus de la vitesse maximale autorisée, 90 km/h en l’occurrence, on est stoppé net. Même s’il existe un mode conduite libre dans lequel les fonctionnaires de police se rendent aussi compte que nous ne sommes pas des pilotes automobiles professionnels, là le but, c’était de bien conduire et de ne pas faire l’idiot. Recalé encore. Troisième et dernière tentative, pas question d’abuser de la gentillesse des policiers, mais je veux absolument montrer aux fonctionnaires en uniforme que « monsieur le journaliste » sait conduire… Je me concentre, je suis toujours sur des routes de campagne, et je tiens à tenir les 5 minutes, la durée maximale de l’exercice, et pourquoi pas réaliser un sans faute (après le test, un bilan est fait sur le nombre d’erreurs et infractions commises). Première difficulté, un vélo, une ligne discontinue, mais des virages, puis un camion qui arrive en sens inverse… camion qui n’avance pas soit dit en passant, mais je suis patient quitte à repasser une première, comme au permis de conduire, même si j’ai un peu zappé la ceinture de sécurité j’avoue. Je double, tant bien que mal, me remet dans ma voie, j’ai tenu une minute. Super, record battu. Puis un tracteur, je le double sans difficulté, puis un second. Je double « tranquille et détendu », prêt à entrer dans ma troisième minute. Et là, sorti de nulle part (enfin si, du bois d’à côté), une biche! Ou un chevreuil, que sais-je, une grosse bête à cornes traverse la chaussée, et patatras! Accident, à 90 km/h, je n’ai pas eu le temps d’esquisser le moindre geste. Troisième tentative ratée, déçu de moi-même, je laisse la place. Les élèves de BTS arrivent. Dieu merci, ils ne seront pas plus doués que moi, sauf un, sérieux et appliqué qui fera aussi bien (ou aussi mal, ça dépend du point de vue). Même endroit, même accident. La même biche en fait. Comme quoi, on est bien tous égaux face aux dangers de la route. A. Top

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Le nom de Lillers apparaît dans le clip de Nameless world nouveau titre des excellents Skip the Use

Publié le 31 mars 2014 par Administrateur

Tout commence par une bière au comptoir. Fin de journée ou presque, on se détend et discute avec le gérant. Habituellement, la musique ne nous convient pas trop. On ne critique pas, juste on n’aime pas ça. À titre d’exemple, c’est dans cet endroit que nous avons entendu et vu pour la première le clip d’un truc qui s’appelle « Flûte ». Oui oui, « Flûte ». C’est l’histoire d’un mec qui n’a pas de bol, qui trouve une flûte, et là c’est magique, le looser se transforme en serial séducteur, entouré de bombasses dénudées dans une boîte de nuit (comme quoi c’était finalement utile la flûte au CE2), avec en fond un savant mélange de « boum boum – pied de table – musique électro fade et sans saveur »… Et le truc méga génial, c’est que le type, imperturbable, continue son petit menuet de flûte un brin énervant. Du très lourd. Mais nous avions dit que nous ne critiquerions pas, et puis ce n’est pas l’objet du propos. En effet, pour une fois au petit écran (un peu galvaudée l’expression, tant la TV est plate et grande), un groupe que l’on aime beaucoup, Skip the Use, que l’on avait découvert au Main Square festival à Arras sur la petite scène, la « Green room » comme ils l’appellent. À l’époque, Matt Bastard et sa bande nous avaient littéralement scotchés, et quelques mois plus tard, STU rencontrait le succès mérité qu’on lui connaît. Là c’était un clip que nous ne connaissions pas du tout, une nouvelle chanson visiblement, Nameless world. On demande donc au patron de « mettre des watts » et on lui explique que le groupe est originaire de la métropole lilloise, issu d’un groupe punk nommé Carving. Surprise pour le tenancier de l’enseigne de voir un groupe du coin à l’écran… quand soudain, incroyable, dans le clip, une carte routière apparaît et, dessus, on aperçoit furtivement Hazebrouck, Merville et Lillers! ( Et même Norrent-Fontes ! ). Ni une, ni deux, on s’est rapproché de Skip the Use pour connaître le fin mot de l’histoire, ou du moins savoir de quoi ça peut bien parler! Le clip d’animation est top, mais la chanson est en anglais et nous ne sommes ni l’un ni l’autre anglophones… Bon, nous n’avons pas eu de réponse (mais on ne désespère pas), ils ont sans doute autre chose à faire, en pleine promo de leur nouvel album Little Armageddon. On a bien tenté la méthode Google traduction, mais nous n’avons pas été éclairés plus que cela. Finalement, éléments de réponse dans l’émission de Laurent Ruquier On n’est pas couché par Matt Bastard, le chanteur de Skip the use. Ça se passe au bout de 4 minutes et 25 secondes, pour ceux qui ne souhaiteraient pas se taper toute l’interview ! A.Top

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J’ai testé pour vous… l’aller-retour Aire-sur-la-Lys / Lillers, sans prendre la voiture (comme ils ont dit à la télé, mais en trichant un peu)

Publié le 12 mars 2013 par Administrateur

Alerte orange! C’est un peu tard en saison mais il faut faire avec, pas trop le choix, la neige est de retour depuis lundi, un épisode remarquable selon Méteo France. Alors on s’est évertué à rallier Lillers au départ d’Aire-sur-la-Lys (la ville de résidence de votre cher rédacteur), et de rentrer, le tout sans bagnole. L’intérêt? Bonne question. Au départ l’idée était de faire un reportage photo à Lillers… et puis sur la route on s’est dit qu’il serait bon de raconter la petite aventure, parce que c’en est une!
8h30, le réveil sonne. On l’éteint, logique. 9 h, il sonne à nouveau, on se réveille et on jette un œil à Facebook. Apparemment, dans l’Artois c’est l’apocalypse. Un mètre de neige par endroit, l’épisode a en effet l’air exceptionnel. On ne compte plus les statuts témoignant des galères des Facebookeurs (on dit Facebookiens peut-être?). « Pas pu aller au travail », « je suis bloqué » par ci, « j’ai mis une heure pour faire 5 km » par là, ou « restez chez vous surtout »… bref, c’est la galère. Le problème c’est qu’à Aire-sur-la-Lys, on ne voit pas plus de neige que la veille, et au premier regard, ça roule très bien. Alors direction Lillers, pour se rendre compte sur place de ce qui est vraiment. Idée saugrenue ou pas, étant donné qu’à la radio ils disent de ne pas prendre la voiture, on va se rabattre sur le deux roues à pédales, un bon VTT, vélo tout terrain qui va se révéler pas tout-terrain du tout.

Les pompiers s’agacent
11h (c’est long un réveil hivernal), on quitte sa promise un peu inquiète: « t’es fou, une voiture va glisser et te percuter ». Manteau, gants, chaussettes et pantalon de ski, bonnet péruvien, moon boots, quelques gâteaux, une bouteille de Yop et surtout… l’appareil photo! Premier hectomètres, tout va bien, on rejoint la RD 943, la Nationale 43 pour les plus âgés et là surprise, c’est un peu plus compliqué. Sous la neige, une effrayante pellicule de glace, mais on avance encore, on pose le pied à terre par endroits, mais on avance. À Lambres-lez-Aire, ça devient carrément impraticable, il y a un peu de relief il faut dire. Petite(s) frayeur(s) dans la descente qui mène au rond-point de Mazinghem, on traverse Norrent-Fontes sans encombre et là, en sortant de la commune de résidence des Intrépides, on aperçoit au loin des gyrophares bleus, et une petite file de véhicules à l’arrêt. Un automobiliste (âgé) est bloqué, impossible de bouger. Les pompiers de Lillers sont sur place, pour tracter le malchanceux. Le chef de centre Frédéric Delattre rumine sa colère: « les gens n’écoutent pas la presse c’est pas possible! On a que des interventions de ce genre depuis ce matin, on n’arrête pas ». On poursuit notre chemin, et ça frise l’inconscience. Le vent glacial qui donne à la 43 des airs de Sibérie balaye la plaine et forme des congères en bord de route. Le spectacle est incroyable, et dire qu’il y a trois jours, on s’affairait au jardin et pensait barbecue.
« Je fais comment pour rentrer chez moi? »
On n’y voit plus rien par moment, la Sibérie on vous a dit. On pose pied à terre dès qu’un camion s’apprête à doubler pour ne pas causer d’accident… ça fait franchement froid dans le dos (au figuré seulement, on est bien couvert), la chaussée n’est praticable que sur une moitié seulement, les automobilistes peinent à se croiser. Un quad arrive à grande vitesse et nous avertit. « Passez par Bourecq, les chasse-neige arrivent ils ne vous verront pas ». Qu’importe. On se cale derrière la glissière de sécurité, et on attend sagement de se faire éclabousser … un régal. Puis impossible d’avancer, on descend de vélo et on pousse. Certains klaxonnent pour se moquer, d’autres font un signe de la main, esquissent un sourire pour encourager. Dur quand même. Rond-point du Plantin à Lillers on touche au but, tant bien que mal. Votre dévoué rédacteur n’est pas un piètre cycliste et pourtant, il a mis une heure pour la dizaine de bornes. Il n’aurait jamais pensé. À chaque sortie ou presque, un agent des services techniques de la ville brieffe les conducteurs. Midi, interdiction de rallier Aire-sur-la-Lys via Isbergues, même chose via Lambres-lez-Aire, ça vient d’être décidé. Une jeune fille s’agace. « Je fais comment pour rentrer chez moi? Ok je regarde ce que me dit le GPS ». Elle se met sur le côté, consulte son téléphone puis s’éloigne en direction de l’autoroute A26. On espère alors que le parcours Thérouanne-Aire est faisable pour elle. En ces temps de conclave, une prière s’impose. Cap sur le centre-ville de Lillers, pour s’atteler à l’exercice envisagé au départ. Déception.
La Nationale à pied
En arpentant la rue Adolphe-Dekeyser, on s’aperçoit qu’en fait, ce n’est pas aussi terrible que cela (dans Lillers on s’entend). Il y a bien quelques voitures alourdies par des amas de neige, mais rien d’exceptionnel. Même chose rue d’Aire, rebelote place Roger-Salengro et place Jean-Jaurès. Les toits ne sont même pas blancs, pour les jolies photographies, on repassera. Ceci dit, pour le retour, ça se fera à pied. Madame avait raison ce matin, la pratique du vélo n’est pas prudente et l’aller n’avait rien de très rassurant. Un petit détour par la place de l’église plus tard (on s’est dit que ce serait plus « parlant » dans les petites rues, mais non), on se dirige vers le rond-point Sécuritest via la rue d’Ham. On pense alors que ça aurait pu être le bon jour pour braquer une bijouterie, les forces de l’ordre doivent avoir bien d’autres choses à faire, et à ce moment précis (à 12 h 44 exactement) que l’on aperçoit un malheureux cabot en train de dévaliser une poubelle, chacun son truc. Il a l’embarras du choix, les rippeurs ne sont pas passés aujourd’hui. Retour sur la RN 43, à pied cette fois (c’est super drôle de pouvoir traverser tranquillement la nationale!), on contemple Ham-en-Artois de loin, c’est beau. On surplombe la voie ferrée, c’est calme! À hauteur de l’ex garage Jean-Loir, une dame est bloquée avec sa Peugeot 206 essence. On se mue en valeureux chevalier et on se met au volant pour la tirer de là. Un sourire. Retour au rond-point du Plantin, la situation a un peu évolué. Les voitures sont à nouveau autorisées à traverser Norrent-Fontes. On photographie une pelleteuse au travail, le conducteur n’est pas peu fier, content qu’on s’intéresse à lui visiblement. Il fait d’énormes tas de neige sur le bas-côté.

Tricherie
La route promet d’être longue. Trop longue. Un peu las, l’idée de faire du stop nous traverse l’esprit… bingo. Sans trop tarder, une dame au volant d’une Skoda rouge s’arrête. Elle nous embarque. « Je viens de me faire emboutir à Lillers » raconte-t-elle. On a raté cela. Elle poursuit. « Mais la voiture n’a rien, j’ai un attache remorque ». Ravi pour notre héroïne. « Vous allez où? » nous demande-t-elle. « Aire? Je peux vous amener jusque Norrent-Fontes ». Déjà pas mal. Le professeur au collège Bernard-Chochois nous explique alors qu’elle est allée travailler ce matin, mais qu’ils n’étaient pas beaucoup à l’avoir fait. Les cours ont été annulés, jusqu’à mercredi inclus. Quelques centaines de mètres plus loin, un semi-remorque est en difficulté. Elle bifurque par Saint-Hilaire, très à l’aise sur la neige, sa fille, assise sur le siège passager a prévu d’aller à Lille ce soir. Maman n’est pas forcément très rassurée. Notre chauffeur nous dépose à Norrent-Fontes. On continue à pied, mais pas pour longtemps. À Mazinghem, les gendarmes viennent de couper la route pour Lambres. Zut. Malgré cela un agent du conseil général passe outre l’interdiction. Il travaille à la gestion de cet état de crise en fait. Il s’arrête, nous embarque à son tour. « J’ai 59 ans, je n’ai jamais vu cela. Beaucoup de neige oui, mais pas des congères comme ça ». Un épisode remarquable ils disaient. Pour une fois ils ne s’étaient pas trompés. A.Top


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Le froid s’est installé à Lillers… Ces victimes de l’hiver dont on ne parle jamais

Publié le 17 janvier 2013 par Administrateur

Loin de nous cette idée de minimiser les graves conséquences que le froid peut engendrer chez certaines personnes démunies (hiver qui a posé ses valises sur la France, au cas où vous ne l’auriez pas remarqué). Mais l’objet de ce long billet d’humeur hivernal n’est pas de faire « du social » (quoique), mais plutôt d’adresser une petite pensée à ces victimes dont on ne parle jamais: les canettes de bière.
Ce n’est pas un scoop, en hiver, incroyable… il neige! Pourtant, tous les JT nationaux s’ouvrent là-dessus, pensant sans doute tenir l’info du siècle. Les quotidiens et hebdomadaires de la région Nord-Pas-de-Calais en font des tonnes aussi, avec des images placardées à longueur de pages et de la titraille parfois pas très heureuse, reprenant à leur sauce des comptines pour enfants avec maladresse… La neige, c’est beau, la neige ça gêne, et la neige, surprise: ça glisse. On interviewe des gens pas contents, parce que la sableuse n’est pas passée douze fois dans le village, parce qu’ils sont restés bloqués dans leur bagnole, la faute à un camion qui s’est mis en porte-feuille (ils l’aiment bien cette expression les journaleux).
À Lillers aussi la neige est tombée, parcs et jardins ont revêtu leurs blancs manteaux.
Des mamies ont galéré comme c’est pas permis sur les trottoirs, des enfants (voire des grands enfants) ont bâti des bonshommes de neige, des Yvan Müller en herbe ont « tapé des freins-à-main » sur le parking du supermarché voisin… c’est aussi ça les joies de l’hiver.


Plus discrètes, transies de froid, emprisonnées par la glace (oui en hiver il gèle aussi par moment), attendant sans dire mot que les rayons du soleil viennent les libérer, les canettes de bières sont là, dans les étendues d’eau immobiles, offrant au promeneur un spectacle désolant. Les canettes n’y peuvent rien. Si elles paradent tantôt le cul à l’air, tantôt le goulot au-dessus de l’eau, c’est parce qu’un délicat énergumène les a posées là, ou plutôt balancées. Il y a pourtant des poubelles au Parc du Brûle, au Parc Tristram, là où on peut apercevoir les sujets en question. Mais non, le buveur de mauvaise bière est un fainéant, un abruti, qui plutôt que de donner une seconde vie au contenant (oui l’aluminium, le fer et le verre se recyclent), préfère jeter la cannette au sol, dans l’eau (c’est le « plouf » qui doit les amuser), sur le chemin, dans les arbres, polluant dans l’ivresse et l’allégresse ces aires de détentes si jolies pourtant et dont la population a tant besoin. Loin de nous cette idée de charger les services municipaux qui nettoient aussi souvent que possibles les endroits visés, mais plutôt de conspuer, châtier, huer, ces porcs à têtes humaines incapables de se respecter eux-mêmes, qui reviendront cet été avec chien(s), femmes et enfants, risquant que l’un d’entre eux ne se coupe, ne se blesse ou pire qu’il prenne exemple sur ce répréhensible indolent.

A.Top

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